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Tome second.
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L’IN VALIDE.

mouchelésde portraits de Napoléon ; chaque lit a pour annexe une armoire, et estau besoin entaillé au chevet d’une échancrure où s’adapte la jambe de bois du dor-meur. Si les dortoirs ne sont point chauffés, du moins le nombre des couverturesaccordé à chaque pensionnaire est porté d’une a trois en raison de la rigueur d ufroid, et, pendant les journées d’hiver, de spacieux chauffoirs sont le point de ral-liement des nombreux amateurs du piquet et des dominos. Tout est si bien combinepour le comfortable des vieux serviteurs du pays, qu’il y a des chauffoirs exclusive-ment réservés aux fumeurs, et d’autres où la pipe est interdite.

La sollicitude dont on entoure les invalides redouble en proportion de leurs infir-mités. Le service de santé, organisé avec la régularité la plus scrupuleuse, est divise endeux sections, celle des affections aiguës et celle des affections chroniques. La dernier* 3comprend des valétudinaires, soumis plutôt à un régime hygiénique qu’à un traite-ment médical, et dont l’âge, compliqué par des rhumatismes, est la principale mala-die. La plupart s’accommodent difficilement de la diète et de la tisane gommée, et, sile médecin en chef leur accorde la permission de sortir, ils figurent souvent sur le rap-port du lendemain avec une note comme celle-ci :

« N° 15. Rentré dans un état d’ivresse. »

L’infirmier ajoute sur la dictée du docteur :

« Lui supprimer le vin ; ne lui laisser mettre que la capote de l’infirmerie. »

Ceux dont les vieilles blessures ne se sont jamais complètement fermées, se présen-tent tous les matins au bureau des pansements, où on leur administre les secours q uCleur état nécessite. Les dimanches, les officiers de santé s’assemblent en conseil, et re-çoivent solennellement les pétitions orales des invalides ; il faut aux uns des gilets Jeflanelle, aux autres des lunettes, des bandages herniaires, etc. La concurrence est ac-tive, les réclamations sont nombreuses ; ce que l’on a accordé à Pierre, Paul veut 1’°^tenir, et les membres du conseil, compatissants pour les faiblesses morales et physiquesmettent tout le monde d’accord par une répartition presque égale de leurs bieU'faits.

Les invalides sont-ils assez vieux pour avoir besoin des soins accordés a l’enfancC)assez près de la mort pour être nourris comme des nouveau-nés, des mains offici eUseSles servent avec empressement. On appelle ces quasi-centenaires les moines lais, noU 1donné jadis aux soldats estropiés que le roi plaçait dans les abbayes de sa nominatio 11 'Les plus décrépits sont relégués à l’infirmerie, et notamment dans la salle de la ^ lCtoire, réceptacle des misères humaines affublé comme par ironie d’une fastueuse denomination, espèce d’antichambre de la tombe, où chacun attend son tour avec un®apathique philosophie.

« Eh bien, que faites-vous, BouffiJ dit le docteur, s’adressant à une figure enlame de couteau, occupée à presser un bâton de sucre d’orge entre ses mâchoires *garnies.

— Dame ! je reste ici : où voulez-vous que j’aille ?

— Qu’est-ce que vous avez aujourd’hui ?

J’ai, que je suis mort à moitié.