LIN V AUDI-:.
•)
— Dans dix ans, reprend le bienveillant docteur, vous serez mort aux trois'l'iarts.
— Laissez donc ; au lait,je ue sais pas pourquoi je ne veux pas en finir... la paresse’le me faire enterrer. »
Quelques-uns sont en proie a de continuelles hallucinations.
(l Bonjour, camarade, demande le docteur, vos ennemis vous ont-ils tourmenté celtenuit?
— Monsieur, c'est les courriers de la malle ; impossible de m’en dépêtrer ; ils sonttoujours après moi; il y a aussi les courriers de la diligence qui me causent bien du•tntoitiji. »
D’autres, cités jadis pour leur intelligence et même leur savoir, n’ont pu, depuislo, 'gues années, parvenir a combiner une seule phrase.
" Comment ça va-t-il, père Thomas?
Oui, oui, oui.
~~ Voyous, contez-uioi donc quelque chose.
~~ Oui, oui, oui.»
l' t le vieil homme, qui penche comme une tour en ruines, tourne le dos a l’interro-ttateur importun.
l'auvres hères ! c’était bien la peine de n’être tués qu’à demi, pour mener cette exis-len ce de bivalve! Souvent, dans leurs intervalles lucides, ils se prennent à regretter de11 être pas restés sur le champ de bataille, quand la mort leur apparaissait glorieuse,l'tesque digne d’envie, et le front ceint d’une radieuse auréole; mais, grâce auciel , leur étape en ce monde ne tarde pas à s’achever. En vain chapelains, chi-liens, pharmaciens, leur prodiguent les secours spirituels et temporels. Exhor-tions et médecines ne font que préparer au moment suprême l’âme et le corpslle ces moribonds, et leurs yeux sont fermés par les saurs de charité de Saint -' '«cenl-de-Paul, anges de paix qui veillent au lit de mort des hommes de guerre.
Pourquoi la prévoyance du pouvoir ne s’esl-elle pas étendue jusque sur leurs''«mires? Pourquoi n’a-t-on pas mis à exécution le projet de Napoléon, qui son-dait à convertir l’Esplanade en Élysée militaire? On jette les soldats qui meu-' e,u à l’Hôtel dans un coin du cimetière du Mont-Parnasse ; leurs noms sont ou-llliés ; quelques coups de fusil sont toute leur apothéose, et la noire croix de boislui s eleve un moment sur leurs tombes se confond bientôt avec la poussière du derniers '“jour.
Leurs enfants s’élèvent et grandissent pour les remplacer un joui dans les cadres,,e l’armée etsur les rôles de l’Hôtel. Us débutent, et leurs peres finissent ; ils montent,01 'eurs pères descendent ; ils seront, et leurs pères ont été. Voues au serv.ee, et prov-S| ùreinent destinés à régulariser au son du tambour 1 emploi e a journée, ces ap■uentis-soldats ont déjà une allure militaire, voire même des mœurs de garnison.* Ohé ! criait l’un d’eux à un camarade, viens-tu jouer à la pigoche? J peux pas,>’ promener avec ma femme. » Celui qui répondait ainsi était âge de treize ans,el * femme était la fille très-mineure d’une marchande de pommes du Quinconce.' I ls tc précocité !
il.
50