L’INVALIDE.
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'lue sur les rives de la Seine. Quant aux bâtiments de la succursale avignonnaise,Us se composent de deux maisons conventuelles, dont l’ancienne distribution a étépresque entièrement conservée. Au milieu de la cour principale est une fontaineavec une inscription qui serait peu goûtée des buveurs , s’ils entendaient le latin :
N A Ï AS
Hospita
Martis.
Le parc de la succursale , planté d’ormeaux et de platanes, est divisé en larges al-'ées qui portent les noms d’iéna, d’Austerlitz, de Wagram, etc. Les murs qui l’envi-r onnent présentent un résumé de l’histoire militaire de France depuis 1792 jusqu’à"°s jours ; des tableaux graphiques y rappellent les principales batailles, leurs'lates, les noms de ceux qui s’y distinguèrent, leurs belles actions, leurs paroles'"emorables ; c’est un Panthéon en plein vent.
Que de souvenirs se rattachent aux vétérans qui, dans ces deux hospices, pré-ludent au repos du tombeau par le repos de la vieillesse. Que cette réunion d’hommeséchappés au carnage est, malgré les imperfections individuelles,imposante dans son en-semble! Eu l’étudiant, mon cher Lorentz, je me suis senti pénétré de vénération.Lors de ma dernière visite aux Invalides , j’étais allé dîner au café où vous eûtes leLonheur de rencontrer Colopeau. Le crépuscule tombait ; l’obscurité naissante aug-'"entait les gigantesques proportions de l’Hôtel. Je songeai aux brillantes visions qui'levaient à cette heure planer sur cette enceinte, et dans une boutade poétique, j’écri-Vls les vers par lesquels je clos ma trop longue épître.
La nuit, quand tout se tait et dort sur l’Esplanade,
A l'horizon lointain mugit la canonade ;
Des rêves glorieux ont visité l’Hôtel.
Soudain, chaque bataille, au renom immortel,
Fille du peuple libre ou fille de l’empire,
Prend un corps, et, vivante, elle marche et respire.Fleuras, demi-vêtue et le sein palpitant,
Croise la baionnetle, et triomphe en chantant.Embabeh, refoulant les Arabes timides,
Contemple l’Orient du haut des Pyramides.
Vengeant de tristes jours de défaite et d’alfront,Marengo pleure un brave; Austerlitz à son IrontPorte des rayons d’or éclatants comme un phare,
Et sur des lacs de glace entonne sa fanfare.
Voici venir Wagram et la sanglante Ejlau ;
Pâle de désespoir, voyez-vous Walcrlo,
Au milieu des moissons que la guerre a foulée',Disputer aux Anglais ses aigles mutilées?