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Tome second.
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L’HOMME A TOUT FAIRE.

qui permettent aux yeux du dernier des mortels de contempler b leur aise les deuxpremiers astres du firmament.

Lorsqu’un pays renferme un grand nombre d’hommes nécessairement disponibles,et toujours prêts a mille petits dévouements, en vue d’un salaire, il est bien difficil eque le sacrifice y conserve tout son prestige, et ne souffre pas des plates contre-façons des Curl'ms au rabais. Les Antony , cette race autrefois magnifique et peu nom -breuse d’individus b passions fortes, les Antony se trouvent maintenant partout où ily a une grande dame pour s’évanouir, et des chevaux pour prendre le mors aux dents,ces héros pullulent dans la grande allée des Champs-Elysées , au Bois qu’ils pro-fanent; ils sauvent régulièrement la vie b deux ou trois héroïnes par semaine, etce n’est pas a l’honneur de ces femmes qu’ils en veulent., les monstres! c’est a la simplegénérosité du père ou du mari. Malédiction sur ces infâmes ! Malgré ce nouveau tra-vestissement, nous venons de reconnaître l’homme a tout faire. Le malheureux nenous laissera rien. Rends-nous de grâce nos Antony ; ménage au moins la poésie duliras en écharpe.

L’homme a tout faire sert parfois de sanction aux succès et aux réputations dra-matiques. TI envahit dès l’aurore le péristyle des théâtres qui rêvent la vogue ; c’estlui qui simule avant l’heure cette chose si agréable, si nécessaire aux entreprises,la fde, la queue. Les jours de première représentation, il vous vendra un prix fou ,lorsque les bureaux ne sont pas ouverts, le droit d’entrer a sa place dans la barrière,et d’aller vous faire dire au contrôle qu’il n’y a plus de billets a distribuer; il estsous-entendu que Fauteur a retenu depuis un mois, et pour huit jours, la salle entière-— Vous ne voyez pas la pièce, mais vous avez cru un moment que vous la verriez-

Votre argent n’est pas tout a fait perdu.

L’homme b tout faire ne mériterait pas son nom, s’il était totalement étrange 1b la littérature ; il n’en fait pas encore, mais il l’inspire. C’est lui qui donne a 11critique, au poète descriptif l’idée de rendre compte d’un fronton, d’une colonne,d’une fontaine ; l’homme a tout faire publie ensuite l’œuvre dont il a fourni le sujet -et voilà, pour deux sous, après avoir lu, la description exacte et détaillée de la su-perbe place Louis XV, le nom et la demeure des ornements et le détail des artistesqui la décorent. Demandez la colonne de juillet, la colonne Vendôme , avec le sig na '

lement des inventeurs ; faites-vous servir.

Il édite les discours du roi, sur papier gris, et fait la réclame en criant de toutesses forces .-voilà le superbe discours en faveur du peuple français .‘Quel puff!

Lorsque l’imagination lui manque absolument, il se jette dans quelque métiefconnu : il se fait gérant, ou bien il s’enrôle parmi les balayeurs. La pelle sur l’épaul®en manière de carquois ; le bonnet abaissé sur les yeux, en guise de bandeau , il setransforme en Cupidon de la petite voirie.

On l’a vu se vendre... c’est bien commun, mais lui du moins il n’aliénait que sapropre indépendance ; son sang, sa vie, tout était compris dans le marché : ildevenu remplaçant militaire.

Comme on ne sait pas ce qui peut arriver, l’homme a tout faire a grand soin àcse munir en naissant d’une constitution athlétique. Pour ne pas laisser dépérir entie