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LE SPORTSMAN PARISIEN.
brave Canaris? La bataille de Waterloo nous a-t-elle fait répandre autant de larme»que les désastres de Missolonghi ? Je le demande et j’en réfère a la notoriété publique.Toutes ces belles générosités nous ont coûté l’entretien d’une expédition de vingt'quatre mille hommes, grâce à laquelle nous jouissons du privilège d’être rançonnésavec prédilection quand nous visitons les champs de Sparte ou les vestiges d’Argos-Depuis J 850, nous avons prodigué les trésors de nos sympathies, aux Belges, Po-lonais, Italiens, Lusitaniens, Espagnols , Mexicains et Canadiens, et il est certainque pendant ces neuf dernières années, nous n’avons pas été plus Français que sousla république ou sous l'empire et la restauration. Mais de toutes nos sympathiesexotiques, une seule est durable et profondément enracinée parmi nous : c’est Y an-glomanie. Nous pouvons voir de nos jours que le style antique est descendu dans l atombe avec M. David : être philhellène n’est plus une profession libérale, et sympa-thiser avec la Belgique et le Canada , n’est déjà plus de si bon goût.
J’arrive à la monographie du sportsman; mais avant de porter la main surcette arche sainte, il est bon de s’arrêter un instant. Le cadre dans lequel onm’a circonscrit est bien étroit, mais le beau titre de sportsman n’en est pasmoins un symbole de l’infini : le sportsman n’est-il pas de tous les âges, de tousles sexes et de toutes les conditions? N’offre-t-il pas autant de variétés que larace des quadrumanes depuis les orangs jusqu’aux ouistitis? N’avons-nous pasle sportsman à cheval, le sportsman à pied, le sportsman riche, le sportsmanruiné et même le sportsman qui n’a jamais eu rien a perdre? Qu’est-ce que I ejeune duc et pair qui possède un harras et l’attelage le plus irréprochable de Paris ?Un sportsman. La fraction d’un agent de change qui va se promener au bois surune haridelle qui a traîné son cabriolet pendant toute la semaine, le clerc du no-taire, et le commis-marchand qui vont équiter a Romainville ou 'a Montmorency,ne sont-ils pas des sportsmen? La jeune vicomtesse toute exquise et dont la tenueà cheval est d’une si délicieuse hardiesse est encore un sportsman femelle. Sports-man est aussi la demoiselle entretenue qui galope a tort et a travers sur un locatis ;et que l’on n’aille pas croire que cette énumération contienne le sommaire de l’in-nombrable tribu des sportsmen : nous les retrouvons jusqu’au tir-aux-pigeons, etmême en deux classes, savoir le sportsman qui tire et le sportsman qui regard 0tirer. Nous rencontrons les sportsmen à l’école de natation , dans les salles d’armes,au tir du pistolet, a la joute des coqs chez M. Tourel, et jusqu’à la petite ViU e ^ coù l’on fait militer des cochons d’Inde.
Mais comme un traité complet et raisonné de toutes les variétés de l’espèce nousconduirait a composer un ouvrage aussi volumineux que l’Histoire naturelle deM. de Buffon, on va se borner h la monographie du sportsman original et complet,qu’on pourra considérer comme l’archétype de l’espèce.
Le sportsman ne s’embarrasse pas d’être gentilhomme, il est gentleman, etc’est beaucoup plus dire, à son avis. Il a hérité de M. son père, ancien négociant,d’une trentaine de mille livres de rente qu’il mange honorablement en avoine, enpaille, en éponges et en étrilles. 11 a changé son nom de Corniquet ou de Grosbedoo,pour un nom de terre; mais, par un sentiment desaine philosophie, de simple* 0