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Tome second.
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LE SPORTSMAN PARISIEN.

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modeste et d’équité qui fait beaucoup d’honneur a sou caractère, il s’est abstenu dePrendre le titre et d’arborer la couronne de comte. Son abord est froid et cérémonieux,'luoique assez poli : par une faiblesse qu’on rencontre assez généralement chez lesgrands hommes et qui lui est commune avec Louis XIV et Napoléon, il cherche a pro-duire une profonde impression sur les gens qu’il voit pour la première fois. Le grandKoi et l’Empereur arrivaient a leur but, l’un en déployant une majesté toute royale,

I autre en affectant une brusquerie qui n’était pas toujours dépourvue de grâce etd aménité. Le sportsman atteint le sien par une simplicité charmante. Ainsi donc àvotre première entrevue, vous lui demandez des nouvelles de son ami, ce pauvreFleury d’Arbois qui vient de se casser les deux jambes en tombant de cheval. —Ce n’est rien pour l’Iiomme, répond le sportsman de sa voix lente et anglaisée, j’aieu la cuisse droite et la jambe gauche toutes brisées dans une chasse du Leicesler-Shire. — Mais vous conviendrez, monsieur, que s’il a, comme on dit, deux énormeslr ous à la tête, il peut y avoir du danger. — Cela peut être dangereux : en tombantav ecLittle-Boby dans une chasse du duc de Buccleugli, nous nous sommes ouvert leerûne, tous les deux, et me voilà! mais ce pauvre Boby en est mort!!! Si vouso’ôtes pas frappé d’admiration pour un si beau stoïcisme , c’est que vous n’avez pasen vous le moindre germe du sporling-Character.

Le sportsman en question n’est plus de la première jeunesse ; sa mise est simple etPourtant de la plus grande recherche. Son linge est toujours d’une aussi entière blan-eheur que les organdis de M. Planard. Ses bottes sont toujours satinées et lustrées parl| n vernis fulgurant. Jamais il n’a adopté les cravates longues ni quitté les cols de che-’Oise ; scs pantalons, scrupuleusement collants, annoncent une jambe sensiblement ar-'luée, et semblent accuser une longue habitude du cheval. 11 est revêtu d’un new-niarket vert foncé, lequel est d’une coupe irréprochable, et lequel est illustré par desLouions au timbre du jockey-club. Il porte, suspendue à une énorme chaîne d’acier,Utle montre, véritable chronomètre â seconde indépendante, qui lui permet d’apprécierav ° c une rigueur astronomique la vitesse des chevaux de course, et d’apporter laPonctualité la plus minutieuse dans toutes les prescriptions de l’hippiatrique. C’est•lue le sportsman est essentiellement un homme d’ordre et d’économie ; sa frugalitéest aussi supérieure a celle des anciens Lacédémoniens que notre grand Paris estau-dessus de la ville de Lycurgue (c’est, bien entendu , sous le rapport de l’étenduesu per(icielle et de la subtilité dans les larcins). Ainsi, vous le voyez, pour se fairemaigrir de quelques livres, avaler avec une résignation surhumaine les aposèmes lesPlus acerbes et les préparations les plus révoltantes. Pour soulager son individu d’unabdomen un peu trop saillant, ou d’une cuisse un peu trop charnue, vous le verrezPendant quinze jours ne manger que de la salade, ne boire que de l’infusion de bour-ra che, et faire deux fois par jour la route de Paris à Saint-Cloud , couvert de lia-lle 'le, et par un dévorant soleil d'août. Qu'on n’aille pas croire qu’il soit insensible

plaisirs gastronomiques, aux doux charmes d’un vin de bon crû; invitez-le ,a P r ès une chasse, a un repas de gentleman : vous le verrez manger avec un appétitLù'oce, en buvant comme un Silène ; et puis il quittera la table d’un pied ferme, yla ‘ssant au-dessous de lui tous ses compagnons endormis. C’est qu’il s’est imposé la