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LE SPORTSMAN PARISIEN.
loi de ne jamais sortir du flegme qui lui a fait improviser cette réponse en style la-conien. l'ne belle dame lui demandait, au retour d’un sleeple-chase, si l’un desgentlemen-rulcrs, mortellement blessé dans une chute, était déjà mort : « No ■répondit-il. C’est cet air de sang-froid permanent qui lui donne l’apparence de l’e-goïsme, et qui marque la supériorité du sportsman pur-insulaire ; c’est à cette inal-térable sérénité qu’il doit de n’engagerson argent dans les paris qu’avec une parfaiteconnaissance de cause, et de rendre cinq yards au chasseur le plus consommé pourle tir aux pigeons ; ce dont il augmente infailliblement son revenu de cinq à six centslouis par an. Le sportsman, comme tout homme spécial, est d’une conversationtrès-monotone (lorsqu’il conseilla parler toutefois). Je ne sais quel auteur anglais adit qu’il ne connaissait rien de plus ennuyeux qu’un sportsman, à moins que ce nefussent deux sportsmen. Mortellement taciturne lorsqu’il se trouve dans une sociétéétrangère aux améliorations de la race chevaline, le sportsman devient d'une inta-rissable loquacité lorsqu’il rencontre un autre homme aussi spécial que lui : leurconversation roule exclusivement sur les favorisdu Darby et surtout sur le stiul book-C’est que la superstition du pur sang est pour lui plus qu’un axiome, un théorèmeincontestable : c’est une religion , un fanatisme, un fétichisme! Il la proclame, il ,asoutient avec une égale énergie pour ses chevaux , ses bull-dogs, ses coqs de combat,ses lévriers et ses pigeons pattus. Il en soutiendrait la suprématie, fût-il en rivalitéavec une altesse royale, fût-il dans la boîte à clous de Régulus, ou sur le gril deGuatimozin! Ne croyez pas que nous nous présentions ici comme adversaires deschevaux de pur-sang, et que nous ayons intention de proposer, comme je- 11 e saisquel grand journal, de remplacer les courses de chevaux par des courses d’ânes,ces dernières devant fournir des résultats beaucoup plus philanthropiques et pl usavantageux à l’industrie de notre pays : tout ce que nous voulons établir, c’estque la question de la prééminence du pur-sang est la seule chose sur laquelle unsportsman ne puisse raisonner avec son calme habituel. 11 vous permettra d’êtrerépublicain , saint-simonien, fouriériste ; de mépriser la charte constitutionnelle)de traiter Louis XIV de charlatan, et Racine de polisson; il vous passera de i’ e "garder l’obélisque de Luxor ou Louqsor , si vous l’aimez mieux, comme un tuya* 1de machine à vapeur; et même il vous laissera dire que les paves d'asphalte sontune sottise un peu trop dispendieuse pour être excusable; mais, de grâce, n’all cZ pas lui parler d’un cheval sans généalogie, et ne lui dites pas qu’il pourrait offr"les mêmes qualités qu’une bête pur-sang, un descendant d'Ârabian Godolpb 111 ■vous le verriez s’emporter, rugir, écumer; et personne n’ignore combien est terril^ 6la colère des gens habituellement placides. J’oublie de citer un autre suje*sur lequel un sportsman ne souffre jamais la discussion : c’est la supériorité de 1 c 'cole anglaise sur l’école française. 11 affecte le plus profond mépris pour tout ce q" 1
est écuyer, exercices de manège, et prétend que, sauf M. le marquis Ou.. •* al ”
meraitmieuxeonfler un cheval au dernier courtaud de boutique qu’au premier écuye*de la France et de la Navarre, en y joignant la Corse et l’Algérie par-dessus le ma'ché. Sur tout autre sujet, le sportsman est delà plus parfaite indifférence, je P 01 ' 1rais dire de la nullité la plus complète , et je n’en serais pas démenti. En littératu rr '