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Tome second.
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L E SPORTSMAN PARISIEN. 281

'• croit encore aux classiques et aux romantiques ; la musique lui est ce qu’il appelleinsipide, et quant 'a ce qui regarde la politique, ses idées, fort peu distinctes d’ail-leurs , ont une légère tendance aristocratique, attendu qu’il a visité l’Angleterre,et que les meilleurs chevaux qu’il ait jamais connus étaient possédés par des No-blenien, ou tout au moins des Gentlemen : c’est la seule observation qu’il ait rap-portée de ce pays-la. Il n’a jamais pardonné au général La Fayette sa préférence ex-clusive ou son engouement pour les chevaux blancs, il pencherait assez volontiers ducôté d’une forme de gouvernement despotique qui supprimerait la garde nationale,Parce qu’un de ses chevaux a reçu une atteinte dans les rangs de la milice citoyenne ;®ais il n’en accorde pas moins l’honneur de son estime à M.le duc d’.... depuis•fu’il en a reçu une garniture de boutons de chasse en bronze argenté. Pourcompléter cette esquisse morale du sportsman français , nous dirons aussi qu'avectoutes les apparences de l’égoïsme, il est au fond très-humain, serviable, assezreconnaissant des services qu’on lui a rendus, et très-susceptible d’attachement pour■es hommes, et principalement pour les bêtes. 11 a nourri dans la plus molle oisivetéjusqu’il la tin de ses jours Counler-Pcirt son premier cheval, mort a l’âge de vingt-fiuatre ans, de vétusté non moins que de vieillesse. Nous voici parvenus aux linéa-ments les plus délicats de notre portrait, et les détails vont manquer a l’historien.Vu l’insuffisance des documents, il va présenter sous la forme du doute ce qu’il acru voir des rapports du sportsman avec la plus aimable partie du genre humain.Jamais le sportsman , homme de continence et de convenance, ne s’est affiché avecdes femmes suspectes ou décriées; jamais aussi il n’a couru les salons et la haute,'c °mme on dit au club. Tout tendrait donc à nous faire croire que le sportsman estdestiné à mourir dans le même état de pureté que le chevalier Newton, seule ana-logie qui doive jamais exister entre lui et l’illustre auteur du Binôme. Il y a pour-tant des gens bien informés qui soutiennent que, depuis la première jeunesse de cethomme impassible, il entretient la même passion pour une femme de condition^doyenne avec laquelle il a l’air de se conduire a peu près maritalement, sansil existe aucuns dérivés connus de cette conjugaison. Ce qui peut faire admettrecette supposition téméraire, c’est que tous les jours, et très-exactement, il quittele club après son dîner vers sept heures et demie, pour n’y revenir que vers onzeheures du soir, et que pendant tout cet intervalle on n’a pu l’apercevoir en aucun|'eu de la ville de Paris où l’on rencontre infailliblement tous ceux qui se promènentln cognito. Ces gens bien informés ne manquent pas de citer à son sujet une historietteas *ez excentrique ; mais c’est l’unique velléité de galanterie qu’ils aient h lui re-procher. 11 paraît qu’il s’était épris de passion pour une de ces charmantes femmesfourmillent dans tout Paris , laquelle personne était ou se faisait passer poures Pagnole. On entendait continuellement notre ami chanter avec frénésie, et à l’é-ter nelle gloire de M. de Musset, cette romance alors en vogue :

Avez-vous vu dans Barcelone

Une Andalouse au sein bruni ?

Malgré cette touchante application, l’Andalouse lui tenait, comme on dit vulgairc-ii. 56