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L12 SPORTSMAN PARISIEN.
ment, la dragée haute; mais elle linit par lui avouer qu'elle mourait d’envie d'a-voir une parure de tourmalines qui se trouvait chez Meller, et qu’elle lui désignade manière à ce qu’il ne pût s’y tromper. Or, la parure devait coûter dix mille francs,et il avait sur-le-champ besoin de cette somme pour faire venir de Londres le f a "meux Saturnus, la perle des écuries de Tatersall. En outre, il fallait se hâter, carledit Saturnus, pouvait lui être enlevé par Lord S..., ou par tout autre riche ama-teur. Grande était sa perplexité ! 11 fallait, ou retourner chez l’Andalouse avec Pc-crin, ou n’y pas retourner du tout. C’est le parti qu’il prit, et le jour suivant, Hdonna l'ordre d’acheter Saturnus, qu’on peut voir encore aujourd’hui dans son écuriemodèle. Pour ce qui regarde les habitudes et la vie matérielle du sportsman, <1habite une rue voisine des Champs-Elysées , prétendant avec raison que la traver-sée de Paris abîme les chevaux de selle : il se lève tous les jours a huit heures, il secouche entre une et deux heures du matin ; jamais il ne fréquente les bals masques,il ne va presque jamais au spectacle ; vous le trouverez quotidiennement au bois «leBoulogne entre deux et cinq heures, quand il n’est pas aux chasses de l’imion ou
de M. le duc d’. Là, il fatigue d’ordinaire deux chevaux (qui l’attendent ’a l a
porte Dauphine) en leur faisant faire a chacun un tour de bois, et les lançant p ar "dessus tous les obstacles de la porte d’Auteuil, le chenil, c’est-à-dire le doublefossé et la double barre (excepté toutefois la barre Potocki, bien entendu).
Pour qu’on ne puisse pas nous accuser d’avoir peint les sportsmen à leur désavaU'tage, nous allons montrer celui-ci dans toute sa gloire, c’est-à-dire dans son ecu-rie. C’est là qu’il triomphe ! II est dans son écurie complètement beau , royal, ep 1 'que! Figurez-vous une petite maison en briques, bien exposée an plein raidi, <*l’cxtrcmité d’une cour vaste, aérée et soigneusement sablée, oii une demi-douzan 10de chiens, tant lévriers que danois, griffons, bulls-dogs et terriers, ont Pair de tra 1 '
ner une existence assez inutile. On vous ouvre une porte ornée d’un bouton
de
cuivre éclatant, et vous êtes dans le tabernacle liippiatrique. C’est là que le spo rts 'man passe toutes ses matinées; aussi reconnaît-on partout l’œil du maître : * eSlitières sont fraîches et soigneusement renouvelées, les stalles d’un bois de chêi> ebien poli; une paille blonde et consistante est suspendue dans les râteliers, ü ° eavoine sèche et farineuse circule dans les mangeoires. Voyez donc comme ils s°'^heureux et gracieux, les habitants de ce splendide logis! comme ils ont l’œil vif ebrillant ! voyez comme leur poil est fin, souple et poli ! Peut-on blâmer un spo 1 ^man de passer une partie de son temps dans such a stalll Que l’on ne me P alplus du mameluck pleurant sur son coursier, comme du type de l’affection qu* P.unir l’homme à la bête : l’amour du sportsman pour ses chevaux me semble a ° s ®|supérieur à celui de l’Arabe que l’attachement du pélican blanc pour ses petits <I Unourrit de sa chair, l’est à celui du sarigue qui se contente de porter les siens d aIlS sa poche velue. Le mameluck aurait-il inventé, comme l’a fait le sportsman, de f al1 ^conduire un cheval de course en voiture au lieu du rendez-vous, et de faire voy ager avec lui un tonneau rempli de la même eau qu’il a coutume de boire? 1continuons de visiter les écuries dont le maître fait les honneurs avec une P reve ^nance si jubilatoire et si courtoise. Nous pouvons remarquer ses boxes garnis de bo 11