LE SPORT S MAN PARISIEN.
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scrupuleuse nous trouvâmes le mot de cet énigme : les chiens et le sanglier buvaientamicalement a la même mare, et la plus parfaite intimité régnait entre eux. Lesanglier domestique fut ramené dans ses lares, et puis on l’égorgea comme un vilpourceau qu’il était ; on rossa vigoureusement les chiens et ils ne dînèrent que lelendemain : voila la moralité de l’anecdote. On peut juger par ces deux aventurescombien notre ami et sa meute sont dignes de figurer en première ligne dans l’ins-titution des louvetiers ; société établie, comme chacun sait, pour la conservation, sice n’est pour l’amélioration de la race des loups, a qui, des louvetiers de notreconnaissance font tous les ans le sacrifice de quelques vieilles vaches et de plusieursa nes, afin qu’ils ne soient pas tentés d’abandonner l’arrondissement. Notre héroscontinue jusqu’il vingt-cinq ans le cours de ses désastres ; 'a cette époque-là, sa for-tune se trouvant dérangée par ses prodigalités, il se marie , réforme.ses écuries, seprend de belle passion pour l’agriculture ou la musique, et finit à trente ans parêtre député de son département. Nous ne le suivrons pas dans sa carrière politique,nous nous contenterons de lui souhaiter plus de succès à la chambre qu’au Champ-de-Mars ( deux arènes entre lesquelles nous n’avons l’intention d’établir aucunesorte de parité).
Les dernières courses de Paris nous ayant mis à portée d’observer certaines va-riétés du genre sportsman , nous croyons devoir en rendre compte aux Souscripteursde M. Curmer : la scène se passe au Champ-de-Mars et dans la tribuneà droite.
Première variété du genre. — Le sporlsman à pied. Il est représenté par un toutpetit jeune homme ayant une cravache et des éperons. Il fume avec‘un aplombsoldatesque, et s’adressant indistinctement et familièrement à tous ses voisins :— 11 est inouï, dit-il, il est inouï, ma parole, il est inouï qu’on se permettede faire attendre le public de cette manière-la. Ces messieurs du club (pro-noncez claoub ) se croient tout permis, et encore pour nous faire voir des courseslui font pitié quand on a assisté a celles d’Epsom , de New-Market et d’Ascott...Enfin la cloche sonne et les membres du jockey-club se dirigent vers leur tri-bune. Le petit monsieur reprend en s’adressant avec confiance à son voisin qu’ilennuie profondément : — Regardez donc, je vous en prie, voyez donc la con-formation de Margarita, comme elle s’embarque au galop; quelle bête! que de race,que de sang elle a! Le signal du départ est donné, le jockey du duc d’O... reste •en arrière; le jeune homme après un instant de silence répond à une dame qui s’é-•onne et s’afflige de ce que la casaque rouge est dépassée.... — C’est une tactique,madame, une tactique, une pure tactique; et si vous aviez vu autant de coursesque moi, vous sauriez que rien n’est jamais décidé avant le dernier tournant. Re-gardez comme Margarita allonge , voilà qu’elle les rattrape, elle a la corde! elle ala corde! (avecla dernière suffisance.) Tout est fini maintenant, et les autres sontdistancés ; je l’avais bien dit.
Deuxième variété du genre. — Sportsman stupide. In provincial en paletotloir avec des gants bleu de ciel. Il s’écrie au depart : Oh ! ahl oh! ah! au pas-
sage du premier tour, avec joie : — Mon Dieu, monsieur, que je voudrais biensavoir qui est-ce qui va gagner?. A l’arrivée des coursiers, avec un air d’i-