Band 
Tome second.
JPEG-Download
 

L’AGENT DE LA RUE DE JÉRUSALEM.

Le monde est un théâtre, a dit certain philosophe dansje ne sais quel livre; la vie une comédie, souvent undrame ; les hommes, des comédiens plus ou moins ha-biles, siffles ou a ' "s. Rien n’est plus vrai. Tout

ici-bas joue son petit rôlet avec plus ou moins de talent,plus ou moins d'aplomb et d’assurance.

La véritable comédie, c’est celle qui se passe dans lavie réelle; dans ces silualions périlleuses où chacun dis-pute avec adresse le terraiu a son adversaire, où l’onsent qu’il s'agit, non point d’une fiction comme à lascène, mais d’un intérêt positif ; dans ces crises de la vie intime où chaque spectateurdevient acteur, acteur d’autant plus énergique et passionné qu’il y va quelquefoisde la liberté, de l’existence, de l’honneur. Aussi y a-t-il dans le monde beaucoupde comédie, mais bien peu de comédiens. Entre la femme qui joue avec tant de finesseson rôle près de l’époux trompé, et le génie si flexible de l'habitué des cours, se placenaturellement une classe d’hommes dont le nom est bien connu du public, mais dontles mœurs,les habitudes, l’adresse diplomatique, se dérobent ’a l’observation. C’est unlype dans notre société ; mais un type qui varie à l’infini : c’est l'agent de police.

Assurément il n'est personne qui ne connaisse de nom les agents de la rue de Jé-rusalem; mais peu d’hommes ont étudié leur position. Je ne veux parler ni de lagarde municipale, c’est un corps de troupes; ni des sergents de ville, protecteursz élés de la morale publique et qui ne craindraient pas d'arrêter Fanny Essler elle-même , si elle venait, par une belle soirée d’été, hasarder la voluptueuse cachuchasous les ombrages de la Chaumière, ou dans le cercle galant de Tivoli. Mais il estUne sorle d’agents qui échappent à tous les regards, à toutes les éludes, à Ions les