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Tome second.
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522 L’AGENT DE LA RUE DE JÉRUSALEM.

calculs. Ce sont les agents secrets, soit de la politique, soit de la sûreté publique.

En vérité, ce sont de singulières idées que celles du public sur l’organisation de lapolice. A entendre un bon bourgeois, il ne serait point de rues, de passages, de pro-menades publiques, de musées, qui ne fussent encombres d’une foule d’agents se-crets et de voleurs non moins nombreux. Pour les voleurs, je ne dis pas non; maispour les agents, ils sont en assez petit nombre; seulement ils savent se multiplieravec tant d’adresse, qu’un seul suffirait'a la l igueur pour garder Paris .

La direction de la police est divisée en deux brandies principales • la police admi-nistrative et la police judiciaire. Chargée du maintien habituel de l’ordre ' "c, lapremière doit surtout prévenir les crimes et délits ; c’est peut-être à cause de celaque nous avons des émeutes, et que les citoyens courent chaque soir le danger d’êtreassassinés en rentrant dans leur domicile plus ou moins conjugal. La seconde a pourobjet spécial de réprimer les délits quand ils sont commis, et de frapper les cri-minels lorsqu’il n’est plus temps. La police administrative se subdivise en policegénérale et police municipale. Les bureaux de celle-ci ont dans leurs attributionsla sûreté et la liberté publiques, les incendies, la bourse, les patentes, la surveil-lance des lieux publics, des théâtres. Quant a la police générale, elle reçoit et délivreles passe-ports pour l’étranger, s’occupe du vagabondage, de la mendicité, des musi-ciens ambulants, sauteurs de corde et autres baladins, hors ceux de la cour ; elle esten outre chargée de l’examen des prisons, et, ce qui n’est pas moins répugnant, desmaisons de tolérance; en lin la haute police rentre dans ses attributions.

Le préfet de police a sous ses ordres les commissaires de police, les officiers depaix, qui, en l’an IV de la république, portaient un petit bâton blanc a la main avecces mots gravés, force à la loi. Sur le pommeau de cette baguette de constableétait peint un œil, symbole de la surveillance. Plus tard, le 19 nivôse an X, leurcostume changea. L’habit bleu, avec collet et parements écarlates, gilet rouge,culotte également rouge, remplaça l’habit a la Robespierre . Sur le collet et lesparements seulement était attaché un galon d’argent de neuflignes de large ; puis unchapeau il la française, avec ganse d’argent, bouton uni portant en exergue, la-paix, et un sabre suspendu en bandouillère, complétaient cet uniforme qui de nosjours ferait courir les petits enfants, comme au joyeux temps du carnaval. Hélas Icombien ne sont-ils pas déchus! L’ignoble redingote, couleur quelconque, a rem-placé l’élégant uniforme, une seule ceinture bleue leur est encore permise.

Sous les ordres du préfet se trouvent immédiatement les commissaires de policede la bourse, le commissaire de la petite voirie, les commissaires et inspecteurs deshalles et marchés, et les inspecteurs des ports. De plus toute force armée, la gardemunicipale, les trois brigades de sergents de ville, sont à sa disposition. A l’inté-rieur, la police se trouve partagée en trois divisions, trois bureaux principaux, h>sûreté et la liberté publiques, les mœurs et la police secrète politique.

C’est une croyance profondément enracinée chez nous que, pour être agent depolice, il faut avoir été voleur. Quelle erreur, grand Dieu ! 11 y a six années en-viron cela se passait encore ainsi; mais depuis, la police a bien changé, le noir estdevenu blanc, on a badigeonné toutes ses faces. Aujourd'hui l’on est plus diflicü 0