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Tome second.
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L’AGENT DE LA P. UE DE JERUSALEM.

eu recours aux attaques de nerfs; mais rien ne troublait l’implacable insouciancede l’agent, qui aspirait tranquillement la fumée du tabac, et la chassait loin de luipar petites bouffées \ " ucuses dans lesquelles il semblait se complaire.

— Mais , monsieur, dit Emma Popply en éclatant encore avec rage, c’est infâmede se faire ainsi le mouchard et le geôlier d’une pauvre femme!

— Vous êtes charmanlc ! dit celui-ci en lui baisant ironiquement la main.

— Insolent ! El un soufflet lancé avec dépit fit rougir la figure jusqu’alors impassi-ble de l’agent de police.

— Ab! vous étiez plus aimable tout à l’heure, dit celui-ci.

— Laissez-moi fuir, reprit-elle après un moment d'hésitation, je vous promets...

— Achevez?

— Tout ce que vous voudrez.

— Parlez?

— Une partie de mes bijoux, de mon or, de mes billets de banque.

— Non pas; impossible.

— Je consens même il être il vous !...

•— Ali ! fit celui-ci en P examinant froidement, vous venez de me proposer mieux.

— Misérable! s’écria-l-elle.

d pi la route se continua silencieuse comme un tombeau.

« On descendit enfin devant l’hôlel de la rue de Jérusalem; une escouade de scr-gentsentraîna l’infortunce voyageuse, et les lourdes grilles de fer se refermèrent der-rière elle avec le triste accompagnement des verroux.

— Quelques mois après j’étais de rclour à Paris , j’avais oublié mes deux voyageursde Caulerêts, lorsque dernièrcmenl je rencontrai dans un de nos salons les plus bril-lants, le jeune homme aux moustaches noires.

— Par Dieu! dis-je en le saluant, vous allez me donner des nouvelles de votrebonne fortune?

— Laquelle? dcmanda-t-il. Attendez... oui, je me souviens... une jeune fille...

— Précisément! vous l’avez enlevée? heureux séducteur!

— Enlevée, répéla-t-il froidement, non, je l’ai conduite à la Préfecture ; et si vousallez consulter les registres de ce jour-l’a , vous trouverez, mon cher, écrit en belleet bonne encre : « Emma Popply, âgée de vingt-deux ans, accusée de vol de dia-« niants et cachemires, écrouée , le 5 juin -1852, à cinq heures du soir.»

— Bah ! m’écriai-je stupéfait. Mais vous, qu’êtes-vous donc?...

Au moment où je posais celte question, un vieillard s’arrêta devant nous et fixa notredandy. Celui-ci pâlit, recula el, au lieu de répondre, disparut a mes regards étonnes.

— Quel est donc cet homme? m’écriai-je en me retournant vers le nouveau venu.

— Un agent de police. Je fus jadis sa dupe dans une affaire politique où il jouaitle rôle d’agent provocateur, et, chaque fois que j’apparais devant lui, le misé-rable se dérobe à mon mépris. Si vous rencontrez jamais cet homme, ajouta-t-il d’unevoix animée, ne craignez pas de le démasquer aux yeux de tous, comme je viens dele faire avec vous.

Armani] Durantiiv.