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Tome second.
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L'A UTIi U II DIlAiM A II QU li.

L'est ainsi qu’on éclaire la France , c’est ainsi que le suif littéraire lutte avec le gaz«le l’industrie, et que notre lustre national projette ses rayons jusqu’à St-Pélersbourg !D'adepte qui dans l’étude de son avoué levait la gloire littéraire, devient donc,sansV songer, un misérable canut, un filateur de scènes, un tisseur de péripéties, untailleur dramatique, flairant ta mode, guettant les circonstances, interrogeant lecaprice d’un public blasé, retournant les vieux babils pour les vendre comme desneufs, s’ingéniant à mettre le commencement a la lin, à changer les époques et lesnoms, à profiter de l’esprit des autres;... mais cent mauvaises pièces rapportentplus qu’une bonne : a te compte on se fait un nom, une fortune, sans se faired’ennemis. La baguette de Tarquin ne frappait que les pavots de qualité : le poètehabile ne doit jamais dépasser le niveau de ses confrères.

Je sais bien que le public est parfois singulier, qu’il prend mal certaines choses,qu’il a ses mauvais jours, qu’il rudoie Calicjula... mais il caresse Mademoiselle delielle-Isle,e t tout se compense. C’est surtout dans la vie de l’auteur dramatique, que•e système de M. Azaïs reçoit son application la plus étendue : des sifflets, mais aussides bravos; les critiques du feuilleton, mais le bulletin du caissier; l’exigence desacteurs, mais la vie qu’ils dounent il de pâles et frêles traits de plume. Ou tombe,soit, mais on trône. D’ailleurs, n’est-ce rien que d’être l’âme de cet univers de cartondont on fait mouvoir toutes les machines, que d’être l’ordonnateur de ce pêle-mêlede palais et de chaumières, que décommander aux orages? L’auteur dramatique surles planches d’un théâtre est le fiai lux au sein du chaos, c’est le ciel et l’enfer, l’ob-jet des bénédictions et des imprécations d’un monde de coquettes et de pères-nobles,de rois et de niais, de figurantes et de ligurants. Aussi, voyez-le, providence, espoirou terreur, arriver les maius dans ses poches, et le manuscrit sous le bras, le jourd’une distribution de rôles. Il lit, on écoute; les vanités sont en ébullition, personnen’est content de son lot, tous envient celui des autres : l’ingénue veut un peu plus decandeur ; l’amoureux demande une autre déclaration ; Aramiuthe exige une grandetirade. Mais tout s’apaise aux promesses d’un nouvel ouvrage. Avant la lecture d'unepièce, l’auteur est une puissance, on le courtise, il fait ses conditions, il obtient cequ'il veut; les rigueurs expirent, les intimités commencent, les haines s’oublient ;l’actrice, l’acteur et l’auteur se confondent dans une même espérance, jusqu’au jourdu désenchantement, jusqu’à cette première représentation où la vér ité se fait en-tendre de part et d’autre, après le jugement du public. — « Mon rôle est mauvais.— Dites que vous le jouez en dépit du bon sens. » Les récriminations durent vingt-quatre heures; et la prochaine nouveauté change tout sans rien changer.

Je voudrais bien vous peindre l’auteur dramatique dans un entr’acte de la pre-mière représentation de l’un de ses ouvrages: l’anxiété ou la satisfaction avec la-quelle il regarde le public parle trou du rideau, prouvent moins pour la pièce qu’elles■■'indiquent le trait caractéristique du patient.—Il y a l’auteur dramatique qui doutede tout, et celui qui ne doute de rien.—Le premier haletant, suant à grosses gouttes,le col tendu, n’entend que des murmures d’improbation; la moindre toux l’ef-l'aieison cœur suspend ses battements, il sou lit, il pleure... Tantôt c'est le publicqu'il accuse de ne pas écouter ; tantôt c’est l’acteur qui va trop vile ou trop lente-