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Tome second.
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dos habitués du «lié le plus suivi do lu ville, car c’est au calé qu’il établit presquetoujours le siège de ses exploits. Dans les villes de province, où l’existence est simonotone, le café est en effet le seul refuge contre l’ennui ; c’est un lieu de rendez-vous, c’est la qu’on vient chercher les nouvelles du jour. — Les fils de famille, quipour la plupart n’onl rien a faire, y passent la plus grande partie de leur journée àfumer, a boire; on y joue des objets de consommation, puis de l’argent, et, lorsqueles pièces de cent sous tarissent, on a recoins d’abord au maître de rétablissement,ensuite aux amis, et enfin a des gens d’un âge respectable, a ces vieux habitués quine jouent pas, mais qui regardent jouer, et donnent souvent leur avis... Lorsqu’unjeune homme se trouve pressé par le besoin d’argent, qu’il crie misère, le vieillardrespectable, autrement dit, l’usui ier, s'empresse do le consoler.

« Vous devez, lui dit-il, cent écus au limonadier, et 200 francs à vos amis; quecela ne vous tourmente pas; je sais ce que c’est, j’ai été jeune aussi; venez de-main matin chez moi...»

Le lendemain vous courez au rendez-vous; au lieu de 500 francs dont vousavez besoin, on vous en donne 600, pour que vous ayez 100 francs d’avance,vous faites un simple billet, avec intérêt à cinq pour cent par an; et vous ren-trez chez vous tout émerveillé d’une probité si grande, et prêt â chercher querelle àquiconque vous dirait qu’il existe des fripons... C’est qu’en effet, sauf le billet etl’intérêt qui est on ne peut plus légal, un père ne ferait pas mieux les choses...Insensé! vous ne voyez que l'amorce, et vous ne prenez pas garde à la pointe d’a-cier qu’elle recouvre.

Content, joyeux, comme au jour où vous êtes sorti du collège pour n’y rentrerjamais, vous marchez sans crainte, sans regret; les dépenses succèdent aux dépenses,les folies aux folies ; les finances deviennent rares, les amis sont aussi gênés que vous ;mais qu’importe, pourquoi s’alarmer, l’honnête homme n’est-il pas là? sa boursevous est ouverte. Depuis six mois vos dépenses ont augmenté à cause de la facilitéque vous avez a vous procurer de l’argent, vous allez trouver votre providence.

« Mon brave monsieur, lui dites-vous, je suis dans une position très-embarras-sante, et j’ai recours a votre boulé pour me tirer d’affaire.

— Et de quoi s’agit-il? vous répond-il bonnement.

— J’ai besoin d’un billet de 1,000 francs

— Diable, diable, mon jeune ami, prenez garde, vous allez bien vite, vous dit-ilavec un air d’intérêt.

_ Ab bah! mon père est riche... répondez-vous... voyons... rendez-moi ce

service.

— Vous faites de moi toutee que vous voulez. »

Votre providence vous fait alors signer l’arrangement que voici : vous devez déjà650 francs; car on ne revient pas sur le premier billet, quoiqu’il ne date que desix mois, et que les intérêts aient élé stipulés pour un an; les 1,000 francs quevous recevez, auxquels on ajoute le montant du billet, plus 100 francs qu’on vousdonne pour que vous soyez un peu en avance, tout cela fait bien 1,730 francs.Mais comme les fractions sont ennuyeuses dans le calcul, et que d’ailleurs il y