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toujours comme il se conduit : d’abord il u’a pas d’argent; il ne peut pas en avoir.Le train qu’il mène, le luxe qu’il déploie, 11e lui permettent pas de faire assez d’éco-nomies pour obliger des amis ; il a même des dettes. Cependant il tâchera de tirerd’embarras la personne qui s’adresse a lui; parmi ses nombreuses connaissances, ilespère trouver quelqu’un qui pourra prêter la somme dont 011 a besoin; quant alui, c’est une chose certaine, il n’a pas d’argent ; et, malgré sa fortune, il 11e pourraitpas vivre, s’il n’était dans les affaires; mais il les fait en grand, et 11e se mêle pas desemblables bagatelles.
Tel est le raisonnement par lequel l’usurier cherche à prouver que c’est un servicequ’il veut rendre, et non une affaire d’intérêt qu’il veut conclure ; puis il congédieson monde en disant :
« Revenez dans quelques jours, j’espère vous donner de bonnes nouvelles. »
Deux ou trois jours après, le client retourne chez l’usurier, et dès que celui-cil’aperçoit :
« J’ai votre affaire, lui dit-il, mais ça n’a pas été sans peine...
— Oh ! monsieur, que de reinercîmenls.
— Vous ne 111’en devez pas, car ce n’est pas moi qui vous oblige; voici la chose .Je connais un monsieur, un mien ami, qui doit loucher ces jours-ci un millierd’écus; je les lui ai demandés pour vous, et il me les a promis.
— A quelles conditions?
— Ab! il ne m’en a pas parlé. »
Et alors il demande au client quelles sont les siennes; celui-ci offre dix ou douzepour cent avec une année de date; et se retire en annonçant une visite prochainepour savoir si ce monsieur aura touché ses mille écus. C’est ici que va commencerpour l’emprunteur une suite continuelle de promenades a la demeure de l’usurier;vingt fois il se présentera chez ce dernier, et toujours il lui répondra...
« Il n’y a pas de ma faute; que voulez-vous? ce monsieur , mon ami, n’a pastouché son argent; le billet est échu, on n’a pas payé, et l’affaire est au tribunal decommerce. »
On insiste alors, on le supplie de s’adresser 'a un autre, lui qui connaît tant demonde; on a grand besoin d’argent; a tout prix, il en faut. C’est la ce que voulaitsavoir cet estimable industriel ; il ne vous a fait aller si souvent chez lui que pourvous fatiguer; il sait que l’attente excite les désirs, et il compte bien que plus vousattendrez, plus il lui sera facile de vous faire consentir a tout ce qu’il voudra. C’estce qui arrive... Quand vous retournez chez lui, il vous offre, toujours de la part dutiers, 1,000 écus, avec quinze pour cent d’intérêt pour six mois... Vous vous récriez;jamais vous n’accepterez des conditions aussi pénibles, et vous le quittez sans rienconclure... Mais la réflexion arrive, vous avez besoin d’argent; à qui vous adresser?Vous allez le voir le lendemain, et vous lui dites :
« J’accepte...
—Il est ‘, vous répond-il, ce monsieur a placé ses fonds... »
Alors, vous le priez de nouveau, il vous fait attendre encore quinze jours pourvous prouver combien il est difficile de se procurer de l’argent, el vous finissez par