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Tome second.
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L’USljRIEK.

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modique rétribution de 5 sous par personne... Le dandy était devenu saltimbanque...quelle chute!... — Je 11 e m’arrêterais pas si je voulais citer tous les moyens qu’em-ploie l’usurier pour écorcher sa victime; sans compter la prison de Clichy, qui esttoujours prête à vous ouvrir ses portes, en cas de non-paiement à l’échéance.

A propos de Clichy , il est arrivé il y a quelques jours une aventure plaisante quitrouve naturellement sa place dans ces pages, puisque c’est un usurier qui y joue leprincipal rôle.

Donc, mon usurier, auquel je donnerai le premier nom de vaudeville venu,M. Blainval , par exemple , est un dandy de premier genre , un lion pur sang, qui,avec 20,000 livres de rente, trouve le moyen d’en dépenser 5 par an sansse ruiner. M. Blainval, malgré ses quarante-cinq ans, est un abonné de l’Opéra,et comme il jette de temps en temps son dévolu sur une des nymphes de ce paradis ,a l’époque dont je parle il possédait les bonnes grâces d’une mignonne jeune tilleque j’appellerai Juliette, et il avait la faiblesse de s’en croire aimé, avec toutl’aplomb que donnent une jolie fortune et les débris d’une jeunesse orageuse...Hélas ! la pauvre petite était loin de partager les idées de son maître ; longtempselle avait résisté, refusé des offres brillantes, car elle 11 ’avait que dix-sept ans ; maisBlainval, impatienté, finit par passer des prières aux menaces, il la mit dans lacruelle alternative de céder ou de se voir chaque jour cliulée et siftlée, et pourtantla pauvre enfant avait du talent. C’est ainsi que les choses se passent à l’Opéra...Messieurs les abonnés y ont une puissance illimitée, je ne sais trop il quel titre;ce sont de petits sultans qui ont transformé ce théâtre en un sérail, oit ils jettent àleur gré le mouchoir ; et Juliette fut bien obligée de le ramasser comme tant d’autres.Mais un jour vint, où elle rencontra sur ses pas un jeune homme que je nommeraiCharles ; c’était un beau garçon , a l’œil vif, a la voix sonore, et lorsqu’elle le com-para a l’autre... Malheureux Blainval, tu avais quarante-cinq ans et un faux toupet...Cette intrigue durait depuis trois mois, et rien n’était venu troubler la sécurité desdeux amants, lorsqu’un jour la femme de chambre de Juliette, pour se vengerd’avoir été grondée par sa maîtresse , alla tout dévoiler a Blainval... 11 entra dansune colère furieuse, il voulait aller tout briser chez sa belle, puis peu à peu lecalme succéda à la tempête, et il se mit à réfléchir.

« Si je fais du scandale , se dit-il, le ridicule en retombera sur moi ; je 11 e puispas rompre avec Juliette sans motif, et encore moins dire qu’elle m’a trompé, je se-rais perdu de réputation... Attendons, avant de la quitter je veux au moins mevenger de l’un et de l’autre. »

Et sans lui faire le moindre reproche , il continua de la voir comme par le passé ;car pour ces messieurs, les relations de ce genre sont bien plus une question d’amour-propre qu’une affaire de cœur.

A cette époque , Charles avait besoin d’argent, il en cherchait partout, et commen-çait a se désespérer, lorsque quelqu’un l’adressait Blainval. Malheureusement, il neconnaissait pas ce dernier, ou du moins il ignorait les relations qui existaient entrelui et Juliette , aussi alla-t-il donner tête baissée dans les griffes de l’usurier.

Ce fut le lendemain de la trahison de la soubrette que Charles se présenta chez