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Tome second.
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avec moi? » Heureusement « un homme s'est rencontré, d’une profondeur degénie incroyable, » comme aurait pu dire Bossuet . Ce génie profond, ce pseudonymeincomparable, est aujourd’ bui essentiellement populaire et trop haut monté dans l’o-pinion publique et les bals masqués, pour que nous ne lui ouvrions pas a deux battantsla case la plus exceptionnelle de notre musée. Chicarcl est Français de cœur, sinonde grammaire, et bien qu’il ne soit pas encore du dictionnaire de l’Académie; maisil en sera, pour peu que la prochaine édition ait lieu dans le carnaval. En attendant,célébrons-le, comme le plus divertissant, le plus comique et le plus populaire bar-barisme de l’époque.

Après tout, que faut-il ’a l’homme de génie? un moule. Bonaparte a eu pour moulela colonne, l’Anglais Brummcl les cravates les plus empesées du siècle, M. Van Am-burgh la gueule de son lion. Chicard, lui, s’est coulé et infusé tout entier dans lemoule-carnaval. La où tant d’autres, des profanes, des plagiaires , n’avaient vu quematière à entrechats et a police correctionnelle, il voit, lui, foudre de danse, re-gard d’aigle, matière a ovation , royauté vivante a improviser et a conquérir. Hon-neur à lui! il a créé une dynastie, il a sa phalange, ses affidés, ses chicards pré-somptifs , bande joyeuse, carnaval effréné qui ne fait qu’un pas depuis le premierentrechat masqué, jusqu’à la dernière saint-simonienne de la mi-carême.

Le chicard est donc bien plus qu’un masque , c’est un type, un caractère, unepersonnalité. Ce n’est que pendant le carnaval qu’on peut observer le chicard; lereste de l’année, il rentre plus ou moins dans la catégorie du viveur. Selon sonrang, son état ou sa fortune , il fréquente la Chaumière, le Ranelagh ou le Chalet ;iLest étudiant, dandy ou clerc de notaire; commis, ou négociant de peaux de la-pins. C’est un homme qui ressemble à tous les autres hommes ; n’allez pas cependantle confondre avec le commis voyageur. Le vrai chicard ne vit que trois jours chaqueannée ; c’est une chrysalide qui brise son écorce. C’est un papillon qui meurt pours’être trop approché des lustres du bal masqué.

Mais certaines personnes, qui ne connaissent le carnaval que par le stationnairedomino, seraient peut-être en droit de nous dire : — Après tout, qu’cst-ce que leroi de tout ce peuple, qu’est-ce que la racine de tous ces adjectifs, expliquez-nouscbicard, où est chicard? Quel est ce mythe, ce symbole, cette allégorie, ce mi-racle? Chicard, est-ce un être fictif comme Bouginier, ou comme Credeville?est-ce un évangile comme l’abbé Cliâtel? est-ce un obélisque comme M. Lebas? est-ce un tilbury comme M. Duponchel? Arrêtez , allez au bal, j’entends le bal où l’onne danse pas , mais où l’on roule et tourbillonne ; l’a vous le verrez, ou plutôt vousne le verrez pas; mais vous le devinerez; on vous en montrera dix , et ce ne serapas lui ; enfin, au milieu d'un cercle de curieux , d’une avalanche de pierrots, dedébardeurs, de corsaires, vous découvrirez une pantomime sublime, des poses mer-veilleuses , irréprochables au point de vue de la grâce, des mœurs et du garde mu-nicipal. Callot et Hoffmann, Hogarth et Breüghel, tous les fous célèbres réunisensemble, des prunelles dévorantes, une force comique incalculable, Sathaniel enhabit de masque, un costume ou une furie qui résume les physionomies dansantesde tous les peuples , le punch des Anglais, le pnlcinclla napolitain , le gracioso ès-