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Tome troisieme.
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MONOGRAPHIE l'I KEN I I KH.

|>oui' Vigneron, au Leur du Convoi du pauvre. Quant a la littérature, il en observe'e mouvement en regardant les afliches; néanmoins il souscrit aux chansons de Bé-ranger. Dans le moment actuel, il se pose sur sa canne et demande d’un petit airentendu a un Dameket (Variété de Rentier) : « Ah ça, décidément, ce GeorgesS; md (il prononce Sarig) dont on parle tant, est-ce un homme ou une femme? »

Ee Rentier ne manque pas d’originalité. Vous vous tromperiez si vous le preniez pourune ligure effacée. Paris est un foyer si vigoureusement allumé, Paris flambe avec uneénergie si volcanique, que ses reflets y colorent tout, même les ligures des arrière-l'Eins. Le Rentier met a son loyer le dixième de son revenu, d'après la règle d’un codemeonnu qu’il applique a tout propos. Ainsi vous lui entendez prononcer les axiomessuivants : « Il faut manger les petits pois avec les riches, et les cerises avec les pauvres." ne faut jamais manger d’huîtres dans les mois sans R, etc. » Il ne dépasse donc ja-mais le chiffre decentécus pour son loyer. Aussi le genre rentier fleurit-il au Marais,nu faubourg Saint-Germain, dans les rues abandonnées par la vie sociale. 11 abonde rue

Roi-Doré, rue Saint-François, rue Saint-Claude, aux environs de la Place Royale,nux abords du Luxembourg , dans quelques faubourgs ; il a peur des quartiers neufs,'près trente ans de végétation, chaque individu s’est achevé la coquille où il se re-’u e, et s’est assimilé pièce a pièce un mobilier auquel il tient : une pendule en lyre0,1 à soleil dans un petit salon mis en couleur, frotté, plein d’harmonies ménagères.c, ‘ sont des serins empaillés sous un globe de verre, des croix en papier plié, forcePaillassons devant les fauteuils, et une vieille table a jouer. La salle a manger est a ba-romètre, a rideaux roux, a chaises antiques. Les serviettes, quand le couvert est mis,s °nt passées dans des coulants a chiffres fabriqués avec des perles de verre bleu par'es mains de quelque amitié patiente. La cuisine est tenue avec une propreté remar-quable. Peu soucieux de la chambre de domestique, le Rentier se préoccupe beaucoupde sa cave ; il a longtemps bataillé pour obtenir cave au bois et cave au vin, et quandü est questionné sur ce détail, il dit avec une certaine emphase : «J’ai cave au boisct cave au vin ; il m’a fallu du temps pour amener la mon propriétaire, mais il a finipar céder. » Le Rentier fait sa provision de bois au mois de juillet, il a les mêmes com-missionnaires pour le. scier, il va le voir corder au chantier. Tout chez luise mesureavec une exactitude méthodique. 11 attend avec bonheur le retour des mêmes chosesaux mêmes saisons : il se propose de manger un maquereau, il y a discussion sur lePrix à y mettre, il se le lait apporter et plaisante avec la marchande. Le melon estre sté dans sa cuisine comme une chose aristocratique, il s’en réservele choix, il le portelui-même. Enfin il s’occupe réellement et sérieusement de sa table, le manger est sagrande affaire, il éprouve son lait pour le café du matin, qu’il prend dans un gobeletd argent en façon de calice.

Le matin, le Rentier se lève a la même heure par toutes les saisons, il se bar-*dfie, s’habille et déjeune. Du déjeuner au dîner, il a ses occupations. Ne riez pas! Litcommence cette magnifique et poétique existence inconnue aux gens qui se moquentde ces êtres sans malice. Le Rentier ressemble à un batteur d’or, il lamine des riens,d les étend, les change en événements immenses comme superficie; il étale son ac-bon sur Paris , et dore ses moindres instants d’un bonheur admirablement inutile.