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Tome troisieme.
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LE BOURGEOIS CAMPAGNARD.

Et a chaque voyez, il donne un coup à la poutre et l’acliève du mieux qu’il peut,au nez et à la barbe du propriétaire. Enfin celui-ci l’arrête par ses cris; mais il esttrop tard, le maçon déclare qu'il ne peut plus toucher à la maison que le charpen-tler .ne vienne remplacer la poutre en question. Le propriélaire réclame en vain , le®açon impassible reprend ses outils, et pour toute consolation donne d’un ton deMenace l’adresse de son voisin le charpentier, et laisse le bourgeois avec un troudans sa maison.

Hélas I ce trou, il faut le bouclier et il faut bien passer par le charpentier; on letait venir, mais celle fois on fera son prix d’avance. Folles prétentions.

" Je ne puis pas prendre ça a forfait, dit l’entrepreneur, je ne connais pas laMaison , c’est fait de boue et de crachat, ça va craquer dans tous les coins si on metla scie dans ces pans de bois. »

Et en parlant ainsi il fait sonner les murs du bout de sa canne armée de fer.

“ Du reste, ajoute-t-il, nous nous arrangerons toujours bien, je vous ferai ça au plusJuste prix, je suis un honnête homme, etc., etc. »

Le bourgeois le croit et permet que le charpentier pénètre dans sa maison. Ici leSOr t du propriétaire dépend de ce que le charpentier a de mauvais bois dans sonchantier. S’il y en a beaucoup, il est perdu, car il faut que tout y passe ; s’il y en aP°u, la victime peut en être quitte pour un pan de mur. Sans compter qu’il faut faireMettre du papier neuf partout où a paru l’ombre d’un maçon, et repeindre toutesl es portes dont a approché l’haleine d’un coleur de papier. 11 y a parmi tout ce mondeUne infâme franc-maçonnerie de dévastations pour se léguer des travaux les uns aux

autres.

Mais enfin nous voulons bien que notre bourgeois ne succombe pas ’a cette premièreepreuve comme tant d’autres qui ont été forcés d’abandonner leur maison de campagnea leurs créanciers, avant même d’avoir pu s’y installer autrement qu’en camp volant,comme ils disent ; nous admettons que celui-ci soit délivré de la réparation et se soitenfin casé.Cen’a pas été sans laisser dans les mains de ces démolisseursquelques-unsdeces billets de mille francs qu’il s’était réservés pourl’exploilation de sa propriété rurale .H faut donc qu’il supprime quelques-unes des nombreuses jouissances qu’il s’étaitPromises ; ainsi le char à bancs et le cbeval disparaissent. 11 est vrai que les environsfourmillent de voitures ’a volonté; ce n’est qu’un petit malheur : d’ailleurs le pro-priétaire vient d’avoir une idée, au lieu d’une vache pour la consommation de laMaison, il en aura plusieurs, et vendra son lait sur lequel il gagnera beaucoup. Voiladonc notre homme avec quatre ou cinq vaches magnifiques épandues sur un gazon d’unar pent. Nous sommes au printemps, cela va bien une semaine ou deux, quoiquel ea paysans n’achètent le lait que la moitié de ce qu’ils le vendent a Paris , après yOVoir mis la moitié d'eau. Mais au bout de ce temps, l’herbe manque ; on y fait passerle vert de tous les légumes , mais en voilà pour trois jours, il faut acheter du foin.La consommation devient effrayante, vraiment il est impossible de continuer si onne trouve pas moyen de vendre le lait à un prix plus élevé. 11 y a conseil dans leMénagé, on cherche et on finit par découvrir que ce moyen est tout simple, et qu’il11 y a qu’à envoyer directement le lait à Paris . Cependant il faut l’y envoyer, et pour