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Tome troisieme.
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LE BOURGEOIS CAMPAGNARD.

l’envoyer il faut çles moyens de transport. Sera-ce une charrette ou un cheval? Ohnon, non , déjà le bourgeois est devenu plus prudent, il se contentera d’un âne etde deux paniers. La jardinière fera le voyage tous les matins. Pauvre bourgeois!mais pour vendre son lait 'a Paris , il faut une place marquée, achalandée, et la jar-dinière qui sait cela , te rapporte ton lait ou bien elle n’a pu le vendre qu’a un prixexorbitamment dérisoire, sans compter qu’il faut nourrir l’âne et la femme qui nepeuvent rester huit heures sans manger, le tempsd’aller et de revenir. Alors le bour-geois prend une détermination très-radicale, il vend les vaches , l’âne et tout ce quis’ensuit, et se résigne a acheter son lait et à vivre de ses légumes et de sa basse-cour. Tout préoccupé de l’exploitation de ses vaches, il s’était bien aperçu par-cipar-là que les poules pondaient fort peu, que les lapins ne prospéraient guère, maisil va s’en occuper exclusivement, et dès lors tout cela marchera à merveille. Le voilàdonc occupé du soin de ses petits élèves, ils sont un peu souffrants, il faut lesnourrir mieux, achetons un peu d’avoine pour les poules, un peu de son pour les la-pins qui en seront beaucoup meilleurs; ceci lui convient assez bien, et en vérité le bonbourgeois commence à recroire qu’il aurait eu tort dese désespérer. Il écoute la nuit

.l’oiseau dont le chant entendu,

Annonce au laboureur le fruit qu’il a pondu.

Comme dit M. de Lamartine dans la Chute d’un Ange, et dès le matin il va à la ré-colte de ses œufs. 11 en trouve beaucoup, beaucoup trop même,car le voilà forcéà vivre d’omelettes ou à.vendre sa récolte. Mais vendre et vendre aux paysans lui estdevenu un sujet de haine et d’horreur. Si vous saviez comme ils l’ont molesté, dequelle façon on s’est moqué de ses vaches, de son lait, de lui-même, lui qui étaitvenu pour leur apporter la civilisation, le bonheur, l’exemple et la pratique desvertus champêtres.

Cependant tandis qu’il vivote ainsi assez tranquillement pendant quelques moisd’été, il s’aperçoit que son petit capital de roulement se diminue petit à petit sansque tout ce qu’il récolte lui procure une sensible économie. Alors il essaie de serendre compte de sa dépense, il établit un tableau par doit et avoir: c’est une petitesatisfaction, cela lui rappelle le temps où il tenait ses livres ou ceux de l’état. 11 fait

son petit budget; nous n’en extrairons que l’article suivant :

Douze lapins mis dans l’établissement. Tous les jours un sou de son ;

pour six mois, ci.9 francs.

Un sou par jour à la hile de la jardinière pour aller faire de l’herbe

dans les champs, ci..9 francs.

Lapins morts de maladie, trois.

D’autre part, Icsdits lapins ont dépavé le fond de leur cage et quatre se sontéchappés, reste à cinq. Pour réparation du pavé endommagé, payé au maçon 7 francs50 centimes.

Total pour cinq lapins, 25 fr. 50 cent. ; doit 5 fr. 10 cent, par lapin.

Quand le bourgeois demeurail à Paris , il les payait vingt-cinq sous. Ceci corn-