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LE BOURGEOIS CAMPAGNARD.
sions que la première, car si d’abord c’est la partie spéculative de ses rêves qui aéchoué, c’est maintenant l'espoir qu’il avait basé sur ses propres efforts qui lui échappe;c’est ce qu’il croyait invariable comme la nature. La terre lui manque : elle n'a éténi labourée à temps, ni fumée justement, rient ne vient, rien ne pousse qu’étiolé,maladif, indigeste. On ne peut se faire une idée de cet affreux désenchantement, decette vie qui commence à toucher à la misère. A ce moment, il y a deux partis àprendre pour le bourgeois, c’est de se déterminer à vendre sa maison avec dix millefrancs de perte, de placer son argent en viager, et d’aller s’ensevelir, rue Copeau,dans une pension a six cents francs par an, soit : douze cents francs pour lui et safemme ; ou bien encore, il lutte une dernière année, il emprunte sur sa propriété etl’hypothèque. Dès lors c’est un homme perdu : en moins de dix-huit mois, il estruiné, exproprié, chassé, insulté, et il s’estime trop heureux si, par la protectiond’un de ses anciens chefs, il obtient d’entrer gratuitement à l’hospice de la Roche-foucault ou a l’hôpital des Petits-Ménages.
Oh! ne riez pas, ne prenez pas ceci pour un conte fantastique et rêvé. J’en con-nais un, j'en connais dix dont ce conte est l’histoire, dont ce rêve a été le rêve, dontce malheur a été le malheur. Ceux qui en douteraient, pourraient en aller demanderdes nouvelles a MM. 1 .
* M. Soulié avait joint à cet article une suite de plus de deux cents noms avec les adresses, mais commece recueil repousse tout ce (pii ressemble à une personnalité, nous avons cru de notre devoir de supprimercette liste.
(Note de l'éditeur .)
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