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LA PORTIÈRE.
uand nous venons au monde, nous autres modestesenfants de Paris , peu de personnes assistent a notrearrivée : ce sont ordinairement l’accoucheur, la gardeet la portière de la maison où nous avons reçu lejour. La servante, si la dame du lieu ne fait pas elle-même son ménage, va, vient; tourne et ra’loume dela cuisine à la chambre a coucher, de la chambre hcoucher à la cuisine, et le mari n’est jamais la.
Toutes les formalités usitées en pareil cas unefois terminées, le sexe du petit bonhomme bien eton l’empaquette, on le ficelle, on le reficelle, on luiu| ise bras et jambes pour qu’il occupe le moins de place possible dans ses langes ;l )ll| s on le présente à la maman, qui le reçoit des mains de la garde. Le docteur, dont' es so >ns ne sont plus nécessaires, plie bagage, tire sa révérence, et la portière re-l )re nd le nouveau-né, l’inonde de caresses, l’humecte de baisers, et lui voue, à daterce jour, une affection des plus vives, un dévouement sans bornes.
Celte affection des plus vives, ce dévouement sans bornes, s’étendent a tous ceuxet celles qu’elle accolada a leur venue dans cette vallée de larmes et de misère. Le'cnips, q U i détruit tout, ne diminuera pas cette tendresse; il ne fera, au contraire,< ' ,lc l’augmenter, que l’accroître, que l’embellir; jamais elle ne sera payée d’ingra-ùlude : de tout temps le Parisien aima sa portière. J’ai beaucoup aimé la mienne,
. ° Us devez avoir aimé la vôtre; vous l’aimerez, je l’aimerai, nous l’aimerons lou-,0urs - Aussi cette haine que, dans un âge plus avancé, nous portons aux autresmr nes de sa condition, bien que fort injuste, est-elle une conséquence toute na-,u *elle de cet amour exclusif que nous conçûmes pour la première.
Ie ut constaté, on le purifie
III.
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