LES MENDIANTS.
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Le prévôt de Paris se trouble a leur seul nom ;
Où la loi pose un Oui, leur bouche pose un Non ;Qu’importe ce qu’ils sont, au fond? Des chaînes fortes,En solides faisceaux , resserrent leurs cohortes;
Et le grand Coësré, leur souverain élu ,
Traite avec ceux du monde en monarque absolu.
Coësré n’a pour lui ni villes crénelées,
Ni gardes, ni châteaux; mais de grandes alléesEt des chemins â pic, dans les bois odorants,
Où seul il peut monter avec les daims errants.
La pierre qu’il choisit pour s’asseoir est son trône ;A. sa tète royale il n’a pas de couronne;
Vlais sur sa large échine aux solides arceaux ,
Flotte un manteau formé de dix mille morceaux.
Et cet homme est puissant, et sa parole est sainte,Car les siens l’ont élu librement et sans crainte !
Isolé dans sa gloire, une fois tous les ans,
Seulement une fois il voit ses courtisans ;
Mais ils ne viennent pas , comme font trop les nôtres ,Lui chanter â genoux d’absurdes patenôtres.
Leur parole est sans fard même en ses duretés ,
Et leur bouche est toujours pleine de vérités.
Ce jour-la , Coësré, le noble mandataire ,
Apporte de son règne un fidèle inventaire ,
Et selon qu’il a fait bien ou mal son devoir ,
Au nom de tous, on casse ou maintient son pouvoir!