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Tome troisieme.
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LES MENDIANTS.

Tes chevaliers , tes pairs , tes conseillers intimes ,Tous ces hommes puissants qui du creux des abîmesA ta voix se levaient, tous ces gueux valeureux, .Te Temps en a fumé la terre des heureux.

T’espace est un mortier où le Temps , sur sa proie ,Tomme un pilon d’airain, tombe, tombe, et la broie !

Un cheval au galop dans la rue a passé :

Une tache de boue a jailli du fosséEt collé gauchement, sur un bas qu’elle fane,

Comme un baiser d’ivrogne , une étoile profane.Cette tache , — ô savauts ! que savez-vous ? hélas !Elle a peut-être été fleur , sur un bleu lilas ;Peut-être elle a gémi, tourterelle amoureuse ;Peut-être , dans un bal , gantée et bienheureuse ,

Ce fut une main blanche où deux lèvres en feuOnt posé mille fois un doux et chaud adieu !

Béatrix ! Portia ! qu’êtes-vous devenues ?...

Et toi que ton amant asseyait sur des nues ,

Céleste Fornarine , ange envoyé du cielPour en parler sur terre avec ton Raphaël,

Où vis-tu, maintenant, ô femme plus qu’humaine ,Faite d’amour , de gloire, et de beauté romaine !Pour contempler encor ton Jésus dans les cieux ,

A quelle fleur des champs as-tu donné tes yeux ?...Ah ! povera bella ! les vers , les vers lividesOnt bu tes yeux divins dans leurs patènes vides.

Une fois que d’un mort ils ont troué les flancs,

Tes vers n’y laissent rien, les vers jaunes et blancs.

ni.