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LES V1KNDIANTS.
C’est le destin commun ; dans la toile grossière
Et le cercueil de plomb , tout est boue et poussière,
Les hommes et les chiens, les femmes et les fleurs;
Et tout se recompose à tes sourdes chaleurs ,
0 terre! Tu refais et c’est ta destinée ,
Selon la loi de Dieu, la chair qu’on ta donnée ,
Et pour toi, sainte mère ! et quand son jour a lui,Coësré vaut César : il pèse autant que lui !
Mais très-certainement, a l’époque où nous sommes ,Avec notre science et nos Ilots de grands hommes ,Nous ne vous valons pas , ô morts ensevelis ,
Vieux morts dont les os blancs ont poussé dans les lis.Comme une femme usée et qui, par aventure ,
Jette encor dans la vie une pauvre bouture ,
Un enfant sans vigueur et qui, faute de sang ,
A quelques jours de la rendra l'âme en toussant,Vieille et les flancs vidés, sous nos toits ou nos dômes,La terre ne produit plus que des moitiés d’hommes.
De la base au sommet, tout a dégénéré ;
La femmeest moins aimante et l’épi moins doré.Invisible , impalpable , une fatale briseCircule dans notre air et nous ronge et nous brise ;Elle a soufflé partout ses râles dévorants ;
Les gueux mêmes , les gueux ont cessé d’être grands :Eux qui portaient, jadis , fièrement par le monde ,Leurs superbes haillons et leur splendeur immonde ,Ont de la honte abjecte, aujourd’hui, plein la peau ,Et leur main tremble et sue en levant leur chapeau !