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I.A MODISTE.
lion des pactes? Chaque'femme devient alors pour l'homme un anse, quelque chosed’idéal et de parlante qui émeut doucement son âme, et qu’il adore en lui-même. Mpour une femme, plaire est plus qu’un désir, c’est un penchant, une idée fixe,besoin de toute sa vie. La nature l’a faite ainsi : enfant, elle s’essaie a paraître belle?elle aime a se parer de ses plus beaux habits, et sourit ingénument au miroir <l ulréfléchit son image gracieuse. A mesure que l’instinct féminin se développe?elle épèle avec plus de facilité chaque page de ce grand livre de la coquetterie, dontl’amour lui révélera plus tard les secrets les plus merveilleux. 11 n’est doue p asétonnant que la modiste aime le luxe; car elle est plus â portée que personne d onapprécier tous les avantages, et elle manifeste, dans la même proportion, une hor-reur prononcée pour la pauvreté. Faible créature, touchant également a la misère età l’opulence, c’est un écueil bien grand que les futilités brillantes dont elle estentourée; les privations usent sa moralité. Elle consume la moitié de sa vie adésirer, et gaspille l’attire à saisir le plaisir sous quelque forme qu’il se P rc 'sente.
Et si vous remontez plus haut dans la vie de la modiste, vous y trouverez encorebien d’autres raisons de la plaindre et peut-être de l’excuser. Qu’est-ce, en effet, sousle point de vue moral, que la modiste? une pauvre lille éloignée de sa famille, quaU'ltoutefois elle en a une ; ou bien une jeune orpheline trop bien élevée pour être unesimple ouvrière, et trop peu instruite pour devenir une sous-maîtresse ; ou enf" 1quelque lille d’artisan, dont la dureté la rebute, et dont la grossièreté contraste P u 'niblement avec l’élégance et la politesse des personnes avec lesquelles ses occupationsla mettent en rapport journellement. Dites donc a la pauvre enfant de brider sonimagination, d’étouffer ses désirs et d’éteindre les bouffées d’ambition qui lui nnui'tent au cœur â la vue des riens éblouissants qu’elle façonne elle-même, et qui res-plendissent à ses yeux tout le long du jour.
Que si vous me demandez encore comment et pourquoi elle est devenue ce qtt elleest, je vous répondrai qu’elle est devenue modiste, comme vous êtes peut-être volts-même devenu artiste, comme on devient aujourd’hui homme de lettres, — faille d emieux , parce que cela est commode, n’engage pas l’avenir, et que c’est parfois ""moyen d’arriver il quelque chose, quand on ne meurt pas en chemin de désespoir etde misère. Ce n’est pas une profession, un élat, comme disent les grands parents etles négociants ; mais c’est une position assez avantageuse pour attendre, pour épi filla fortune et la saisir au passage. On est en évidence, ou du moins on croit l’être, l>tqui sait? les banquiers, les my tords, et les princes russes visitent quelquefois les aie 'liers de modes aussi bien que les ateliers de peinture, et s’ils achètent un tableau da"”ceux-ci, ils font souvent choix d’une jolie femme dans ceux-là.
La modiste a, parmi beaucoup d’autres inclinations, l’amour inné de tout ce il" 1est beau et distingué. Le comme il faut est sa manie, son thème éternel, sa reh'gion ; la seule chose sur laquelle elle se montre véritablement inflexible et d une s" 5 'ceptibilité désespérante. Doutez de son talent, de sa vertu, de sa beauté même, c cslune injure, une injustice peut-être, qu’elle excusera pourvu que vous la rem"naissiez, d’ailleurs, pour une femme comme il faut. Ce litre-la, elle y tient coi"" 11