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Tome troisieme.
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LA MODISTE.

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des habitants de ce brillant quartier, comme un beau rêve, comme une poétique vi-sion qu’on regreltc ou qu’on aime sans y croire.

Quant à la marchande de modes, cette puissance occulte qui règne despotique -ment sur la plus gracieuse et la plus capricieuse moitié du genre humain, c’est unephysionomie à part, le type d’une classe non encore décrite par les physiologistes-Cette espèce bâtarde participe essentiellement de la simple modiste par ses antécé-dents, et de la femme élégante par ses allures et ses habitudes nouvelles. Elle exagère,en général, tous les défauts de ses jolies subordonnées, et elle en a depuis longtempsperdu les grâces faciles et l’heureuse inexpérience ; elle affectionne les grands airs,les pantoufles brodées, les peignoirs de mousseline et le far niente; mais elle abhorrela morte saison. La morte saison est l’abomination de la marchande de modes et 1®joie de la modiste.Tandis que la première voit avec regret les femmes élégantes, sesmeilleures clientes, émigrer pour la campagne ou pour les eaux, la seconde se ré-jouit, chôme, lit des romans, prend du travail â son aise et des congés le plusquelle peut; c’est aussi pour elle le temps des voyages en province, des visites ala famille, des pérégrinations h Londres, à Vienne, à Saint-Pétersbourg . .

En attendant, vous qui les avez suivies avec nous jusqu’ici, veuillez bien les suivreencore jusque chez elles.... Il est dix heures du soir ; la première demoiselle donne lesignal du départ, toutes se hâtent de sortir; elles ont soif d’air pur et de liberté. Lerepos ouïe plaisir les rappellent, celles-ci dans un appartement confortable, celles-làdans une mansarde, cette autre dans sa famille. Julia s’arrête au second étage d’unemaison de belle apparence ; Mariette s’en retourne sous la sauve-garde de sa mère ;Pauline a pour une heure de chemin, a travers des rues fangeuses, avant d’avoir re-gagné son modeste garni.

Elles vont ainsi dans la vie chacune par un chemin différent. La plus enviée au-jourd’hui sera peut-être la plus pauvre demain, tandis que l’autre aura oublié sesjours de souffrance en s’éveillant un beau matin petite bourgeoise, ou même grandedame ; d’aulres finissent on ne sait comment. Ce sont de pauvres filles ballottées p alle vent de l’adversité, qui meurent en laissant de riants souvenirs a plus d unhomme grave maintenant.—L’infortunée qui donna follement sa jeunesse auplais |rn’a pas d’amis. Celui qui rêve encore d’elle, comme d’un plaisir passé, ne l’apr’ 1 'çoitplus que semblable â une ombre vaporeuse qui s’évanouit derrière des préjugéet des ambitions de toute espèce.

Maria i/Ansfach