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Tome troisieme.
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LE BOURREAU.

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note ; ni roux, ni noir, mais blond, ou brun, ou châtain, ordinaire enlin ; décem-ment couvert d’une redingote à la propriétaire, portant le chapeau de tout leiuonde,portant même des lunettes, fait, habillé et marchant comme le premier bourgeonvenu!... Quel est-il ? — Un avoué?... — Non. — Un vaudevilliste?... — Non.

Un banquier?... un marchand?... —Non. — Il va a la Conciergerie, c’est donc unhuissier? un greffier?... — Non, non. — Serait-ce donc le bourreau?—Chut! si cdhomme vous avait entendu, il vous aurait traduit en police correctionnelle pour in-jure. Cet homme s’appelle I’EXÉCUTEUR DES HAUTES OEUVRES.

Oui, voilà le nom moderne de celui que M. de Maistre dit être le pivot de la so-ciété, que Louis XI disait autrefois son compère, que Tibère , plus autrefois encore)disait son ami. Le bourreau de l’antiquité, le tourmenteur du moyen-âge, s’app e *'lent à présent l’exécuteur des hautes œuvres. La civilisation a changé le nom commeelle a changé la chose. L’exécuteur est aujourd’hui ce que nous venons de le mon-trer, un citoyen ressemblant aux autres, ayant la mine électorale de la tête aux pieds-Ce n’est plus l’être exceptionnel, isolé, séparé de tous par son costume, son titreet son état; c’est un fonctionnaire public, qui tient à la société, qui a place dans lahiérarchie judiciaire, qui boit, mange, digère, dort et porte un habit noir conW' ele procureur du roi. Bien plus, il se nomme Monsieur comme les princes. On ddMonsieur de Paris, Monsieur de Rouen . Il n’y a que l’archevêque qui se désigned’une plus haute façon : on le nomme Monseigneur !

Quelle est l’étymologie du mot bourreau? Les grammairiens et les jurisconsulte 8l’ont recherchée, les uns pour satisfaire leur curiosité de philologues, les autre 8pour savoir si le mot était une injure passible de condamnation.

Mais jurisconsultes et grammairiens sont d’accord entre eux comme des musicien 8ambulants. Si on les croyait tous, ce mot aurait autant d’origines qu’il y a de la®'gués dans le monde, et môme qu’il y a de mots dans les langues. Selon les uns> ■*vient de I’hébkeu cabar. Voici comment de cabaron obtient bourreau. En retran-chant la première syllabe, il reste bar, qui en ciialdéen signifie licenlia. De b» 1serait sorti I’itauen birro, qui veut dire liclor; et de birro sortirait bourreau , fl 111veut dire aussi licteur. Selon les autres, le mot viendrait du latin burellus (bou-cher) , ou du grec boros (dévoreur), d’autant plus que le carnifex des Romains etle carnicero des Espagnols expriment en quelque sorte que le bourreau se nour-rit de ses victimes. D’autres, plus patriotes, trouvent son étymologie dans notr®langue, et le dérivent du français bouchereau (petit boucher), ou de boyerca» ’diminutif de boye, qui est le nom roman du bourreau. 11 y en a qui le font sortirbourrée, bourrade ; et Monstrelet écrit bourrel, ce qui paraît être l’ancienne ortb°'graphe du mot. Enfin les étymologistes historiques le tirent du nom de Rich artBorel, personnage du moyen-âge qui possédait le fief de Bellencombre , a la char?®de pendre les voleurs du canton. Les gens du pays s’habituèrent à dire le borel e *les boréaux, pour indiquer les exécuteurs.

Certes, les sources du Nil ne sont ni plus nombreuses ni plus obscures q ue I eSracines de ce mot, que naguères un journal tout spécial, le Droit, a scrupule" 8 ®'ment exhumées. Choisissez maintenant si vous l’osez. Mais qu’importe que nous n®