lid LES AGENTS D’AFFAIRES.
ce l’rotée — car c’en est un — peut chanter avec Ruflino de FiorcUn :
Le munie est ma patrie,J'ai fait tous les métiers ,Et mon heureux génie,Quand il le faut, défieLes plus fameux sorciers.
Le placeur a eu des malheurs, de grands malheurs, a l’en tendre du moins.
La roulette a dissipé sou patrimoine ;
Des spéculations de bitume l’ont mis sur le pavé ;
Le gouvernement lui a fait des passe-droits ;
Une créance d’Haïti l’a ruiné de fond en comble ;
Un sien oncle — oncle d’Amérique — l’a déshérité pour une escapade amoureuse-Inde mali labes; voila pourquoi il se fait placeur.
Sur la place du Châtelet, M. Robillard achète un mobilier complet, il loue eiisu* 16un tout petit appartement dans une rue détournée, et afliche cet écriteau sur la pu | le ’Ancien grand bureau de placement. M. Robillard, avantageusement connu ^puis vingt-cinq ans, contiuue à placer les sujets des deux sexes. On peut s’adresser sall?crainte a son administration, persuadé d’y rencontrer toujours discrétion et eéléiit* •
Suit sur deux colonnes la liste des emplois vacants :
Bonnes d’enfants.
Bonnes pour tout faire.Couturières.
Demoiselles de comptoir.Dames pour accompagner.
Cochers.
Intendants.
Commis voyageurs.Secrétaires.Hommes de peine.Garçons de bureau.
.\. B. Il est inutile de se présenter si l’on n’est muni de bons certificats.
A dix heures précises, M. Robillard ouvre ses bureaux. En voici la silhouette ■'Deux chaises boiteuses font vis-à-vis à une table éclopée. Tout à côté se prêtas^un poêle — objet de luxe — dont le feu n’osa jamais rôtir la grille. Dans le l'oud ttJla pièce, l’œil distingue un amas de paperasses, bien ficelées, bien étiquetées, p° s 'sur une étagère qu’elles semblent écraser. Quelques lithographies enluminéescollées sur le mur et font les frais de la partie artistique de l’ameublemeutplus apparente, et pour cause, est toujours celle qui porte pour suscription :
,ées
sü id
M. Crédit est mort, les mauvais payeurs l’ont tué.
La toilette du placeur mérite une description à part :
Une redingote à la propriétaire lui sert de robe de chambre. Pour ne pas eu uS<!lles avant-bras, il a soin de les garnir de fausses manches qui viennent se ralt®*'^sur les coudes, au moyen d’une coulisse ; ses pieds dansent dans de vieilles tiges < |f