LES DÉVOUÉS. )!H)
l'ieii ? 20 à 2t lianes par semaine, jamais pins ! Les dévoués, qui ne dierclienl, point,<0, nine nous autres, à singer le bon Dieu , se reposent la huitième nuit. Le septième1° U|> ils dorment comme les antres jours, pour se délasser de leurs fatigues noc-’^rnes, car il est loujours sept ou huit heures du matin quand ils rentrent dans leurs$ttes. On comprend que c’est, du sommeil qu’il leur faut alors, et non du plaisir,'•tôt de peines pour un gain si chétif. — Pauvres gens !...
^ous sommes en hiver. La neige, la pluie tombent du ciel. Il fait un tempsà faire•aire les chiens de prisons. Le pensionnat de jeunes bouledogues qui a donné sonn °tn à la barrière du Combat, est lui-même triste et silencieux. L’horloge de l’hô-Wal Saint-Louis vient de sonner la dixième heure de nuit; c’est le signal du départ.' es hommes et les chevaux des entrepreneurs des basses œuvres sont sur pieds, et( ^ e puis longtemps, déjà! Les chevaux ont mangé l’avoine ; les hommes, la soupe; enr °tite, les travailleurs. Hélas ! ils ne reviendront pas tous, peut-être ! Mais qu’importe?~~ ^ demain, femme ! — A demain, père! — A demain, enfants! — Au revoir, tous,a " revoir !
'Is sont partis.
Vous avez-vu, sans doute, les pêcheurs de Léopold Robert , ce grand peintre, mortdégoût au milieu de Rome , il y a cinq ans. Vous avez remarqué l’expression de,r istesse indéfinissable répandue sur les figures des femmes et des enfants qui restentSllr le bord , tandis que les pères et les époux vont s’en aller en pleine mer, a la garde( * e Dieu et d’une barque en bois de chêne. A les voir si tristes, on croirait que cesfemmes sont déjà veuves et ces enfants orphelins. Cependant il est bien rare que leslâcheurs ne reviennent pas ; assurément, on les reverra, ou les reverra tous. Alors,Pourquoi donc ces seins gonllés, ces figures consternées, abattues, cet air de désespoira l?— C’est parce qu’il est arrivé plusieurs fois que d’autres pêcheurs ne sont plusPev enus; et cela peut arriver encore aujourd'hui comme il y a trois mois, comme ilV a trois ans. Voila pourquoi.
IVous ne répondrons pas autrement à ceux qui nous demanderaient compte de l’é-^otion qui nous a saisi tout a l’heure, quand les dévoués ont dit adieu à leurs femmeset ' a leurs enfants. Que dirions-nous de plus?
Les lourdes voitures se sont répandues dans Paris ; chacune à sa besogne, au lien’le son travail. Les dévoués ne les ont pas quittées d’un instant. Quelques-uns cepen-l ' a|| t, entraînés par leurs fonctions, ont devancé les autres et sont arrivés les premiersa,1 x lieux convenus. Ceux-ci préparent les appareils et font prévenir par le portieres habitants de la maison. On sait que l’argenterie et généralement tous les métauxb°hsdoivent être fermés soigneusement, celte nuit-là. Chose terrible! les métaux neAuvent supporter ce gaz délétère , et nos héros le respirent toutes les nuits, sans sePlaindre, sans tousser. Que l’on songe à cela seulement, et l’on sera étonné de la force( l u 11 faut à ces hommes pour ne pas succomber au bout de quelques mois de travail.I Lachez-vous donc, candélabres, vases, pendules, colliers, bijoux, bracelets,a,| deaux, ceintures, robes lamées d'or et d’argent, cachez-vous, si vous ne vouleztlfe tout noirs demain et porter x r otre propre deuil.
Lt vous, madame la chanoinesse,vous êles pâle d’ordinaire, et cette nuit vous