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L’HOMME UE LETTRES.
sein de ses douleurs domestiques il évoque les souvenirs de Jean-Jacques, qui |X ' vaJulie et vécut près de Thérèse.
On n’a pas encore, dans les théories constitutionnelles, assigné de place a ce pQ u "voir que les Anglais appellent pelticoat governnienl (gouvernement du cotillon ) ■Mais on dirait qu’il a été créé spécialement a l’usage de l’homme de lettres, et sou^ce rapport la légitimité du joug u’ôte rien a sa pesanteur. Si de nos jours l eSSocrates sont rares, en revanche les Xantippes ne font pas défaut; et plus d'unescène renouvelée des Grecs a fait mentir l’article 215 du Code civil.
11 faut convenir toutefois que nos Xantippes ont meilleure façon que (Athénienne-Leur empire est moins orageux, quoiqu’il soit non moins puissant, et si elles reu 1 »sissent a dominer, elles ont le bon goût de ne pas en convenir tout haut.
Chez la femme d’un écrivain, la coquetterie a toujours quelque chose de p' u>exagéré et pour ainsi dire de plus franc que chez la femme du monde. Elle app ültea sa toilette des prétentions d’artiste, et affiche dans les modes une certaine i"d ependance ; s’imaginant que l’on peut réussir dans les salons comme dans la littemture, a force d’originalité. Dans une réunion de femmes, cherchez celle qui aura bplus grand étalage de plumes, le plus lourd massif de fleurs, la plus large surface dtchair décolletée : ce sera la femme d’un écrivain.
Mais Dieu vous garde de rencontrer ces épouses admiratives, qui sont touj‘> ur! ’en extase devant le génie de leur conjoint ! 11 vous faudra subir toutes les exagérationd’un fanatisme rabâcheur et d’un culte pédantesque. On vous répétera les beaux ver 15du poète; on vous citera ses mots heureux, on vous initiera même dans tous les de-tails de la biographie domestique; car tout est grand chez un grand homme, et j us 'que dans ses actes intimes, il y a quelque chose de cosmogonique.
Ce n’est pas que ces louangeuses aient pour leurs maris une tendresse excepL 011 'nelle; mais elles en font l’idole de leur vanité ; et l’environnent de rayons, afin d c "attirer sur elles quelques reflets détournés.
Autrefois, lorsque les lettres, encore vassales de la noblesse, vivaient modestefli elltsous le patronage d’un grand, chaque seigneur avait son client littéraire, chafi u ‘hôtel avait son poète. L’homme de lettres remplaçait le fou. Ce fut, dit-on, un P r °grès. Pour le seigneur, sans doute; mais pour l’écrivain, c’est contestable. H llt!figurait à table que pour assaisonner le repas, et n’était guère considéré que con» 1)t>un entremets piquant. Une haute réputation pouvait a peine le placer au niveau d eScommensaux titrés. Cependant l’intelligence gagna peu â peu du terrain, etl’hoiu 11,ede lettres, affranchi, domina dans les salons où il se donna la mission de p aI * eihaut et beaucoup.
Aujourd’hui, dégagé des liens de son antique tutelle, il s’est fait protecteur a sül1tour, distribue des grâces et laisse tomber des faveurs. De lui, seul dépendent l« stitres de noblesse, et ce n’est pas l’unique occasion où il fasse mentir la cliarte- v ®rité 1 . Mais, quoiqu’il ait détrôné la noblesse dans le domaine politique, il ne * a
l.e roi fait des nobles à volonté. : Art. 62 de la charte de 1850.;