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Tome troisieme.
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L'HOMME UE LETTRES.

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Ce n'est qu'un mépris de forme, une antipathie contre le sacrement ; car il pratique

monogamie. 11 s’attelle avec constance a une compagne de rencontre; et, tout fier•le.braver le joug de la loi, il subit avec résignation les entraves non moins pesantesfie l’illégitimité. 11 accepte toutes les charges de la paternité, et se glorifie de restergarçon; il a tous les déboires du ménage, et se vante d’être indépendant. Il affronteles > luttes les plus orageuses, les tracasseries les plus cruelles, et se console en disant :* Je puis tout rompre d'un mot. » Mais ce mot il ne le prononce pas, et ne sauraJamais le prononcer; car, au moment où il va prendre une résolution vigoureuse,te tte femme qui le tyrannise après l'avoir charmé, lui apparaît comme une faiblecréature qu’il a ravie à sa famille, immolée dans ses affections passées, sacrifiéefians son avenir social; et il admire tant de dévouement, d’amour et d’abnégation ;'I reste accablé sous le poids de ces considérations puissantes, et reprend sa chaînefiestinée a être non moins durable que si elle était consacrée par les paroles d’unmaire ou la bénédiction d’un curé. C’est un mariage avec tousses inconvénients,s ans aucun de ses avantages. Il y a quelques consolations de moins, et bien des re-grets de plus.

Et ne croyez pas que cette femme dont il accepte le joug a perpétuité soit unefi e ces ravissantes sylphides que vous rencontrez dans ses écrits. Souvent, en par-courant ses brûlantes pages, vous lui enviez ce sentiment du beau qui lui fait ras-Se mbler les plus suaves parfums de la poésie pour la création de son Ève. Sous saPlume, la femme n’est pas une substance incarnée, c’est une fille de l’air, une fleurtles cieux, un rayon du soleil divin. Que de grâces dans sa taille '. que de mélodie danssa voix ! que d’éclat sous sa flamboyante paupière ! Ah ! bienheureuse la mortelle surflui tomberont les regards du poète ! Gloire a la compagne qu’il appellera la préféréefie son cœur! car ce choix doit être le triomphe de la beauté, l’hommage le plus purfie l’intelligence se prosternant devant la sublimité de la forme. Eh bien! tout celaPeut être très-logique, mais tout cela u’est pas vrai. L’homme de lettres ne sait pasmieux choisir une femme que l’épicier; il est dominé comme l’épicier ; il est trompécomme l’épicier. Sa compagne n’est que trop souvent commune de cœur et de corps;e "e ne sort pas des réalités de la vie, et ne sait apprécier les écrits du poète que parleur valeur en numéraire. En vertu de quelle loi se font ces singulières unions ?Quelles sont ces affinités mystérieuses qui rapprochent ce qui est dissemblable etUsinaient les contraires? Ne serait-ce pas la physiologie providentielle qui préside; m croisement des races, ou bien la punition de l’orgueil humain sans cesse rap-Pelé aux exigences de la terre par les accents bourgeois d’une femme toute maté-

vielle?

Quoi qu’il en soit, dans son ménage de fantaisie, l’homme de lettres surpasse peul-c'h'e en abnégation le mari le plus orthodoxe. Ce farouche lion qui secouait si fière-ment sa crinière ondoyante, est mené en laisse comme un animal de ménagerie; ces uperbe Prométliée qui défiait le ciel, reste courbé sous le despotisme d’un pot aufe u de hasard. C’est un modèle a présenter aux époux débonnaires qu’il a persifles,aux plus honnêtes des pères de famille qui ont réjoui sa verve. Semblable aussi aux'miinies de toutes les tyrannies, il aime à se consoler par des comparaisons, et au