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Tome troisieme.
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A DEMOISELLE DE COMPTOIR.

quisses et la sauvagerie de mon pinceau. Il suffit d’un tloghart pour peindre la g"'sette ; la demoiselle de comptoir demanderait un peu moins d’abandon qu’on n e "trouve dans l’école flamande, plus d’animation que dans l’école italienne.

Observons cependant comment tout procède dans le monde par succession de W"Idéaux du meme ordre, avec un fond différend. Le marchand qui improvise unepartie de campagne, n’oublie rien du confort de la ville. Même aux champs, le P a 'risien sait dîner. Sur l’herbe il dispose ses douze couverts plus ou moins, cofflin echez Véfour. Les crèmes, le moka, les mille raffinements d’un dessert splendide,rien n’est oublié. Point de ces contrastes qui établissent des solutions de continub cdans les folles joies de la nation des étudiants et des grisettes; qui font que I 011revient a pied pour s’être mis en marche eu voiture, pour avoir trop accordé auxdissipations de la valse et a la carte du restaurateur; le marchand ne connaît qu unechose, vivre à son aise en tous lieux et se servir soi-même pour n’ôtre pas écorchevif. Il confie a une tapissière son office au grand complet; et sa demoiselle decomptoir prend sa part d’une distraction logique et d’une partie bien combinée. Celadure dix ou douze ans, jusqu’il ce que l’une ne soit déjà plus jeune et que l’aidieait sa fortune faite.

A cette époque la demoiselle de comptoir s’est déjà prononcée en faveur du doyendes commis, du jeune homme qui a débuté avec elle dans les cachemires. Elle l ,naccorde sa main. S’ils ne succèdent point, si le marchand a oublié de créer un ma-

jorât en leur faveur, ils conçoivent ensemble le projet d’élever autel contre

autel,

de battre en brèche la maison dont ils ont été les deux colonnes; acharnementJ tlst.ifié par la lésinerie de leur autocrate commun, par l’exploitation qu’ils ont J 1 ^'qu’alors subie sans se plaindre. Ils emportent sous une autre enseigne, au défaut desacs d’écus, la vogue de la maison.

En effet, après plusieurs années de succès inouïs et d’inventaires pyramidaux,qu’est-il resté entre les mains de la demoiselle de comptoir, de ce Pactole qu e " calimentait incessamment? la valeur d’une inscription de rente de 600 francs. S° nchef a pris du ventre et des actions dans les asphaltes , il aspire à être duc et pu* 1 'O justice distributive ! ô rémunération sociale !... Une tête moins forte que celle dela demoiselle de comptoir passerait du coup au Saint-Simonisme, dont la première fu'mule est celle-ci : à chaque femme de comptoir selon ses capacités, à chaque capaci leselon ses œuvres. Elle fonde une maison, cela suffit à sa vengeance et à ses succès futui»-

Quoi qu’il en soit, la demoiselle de comptoir est encore une de nos supérioritéréelles, incontestables. L’antiquité a eu ses gynécées, l’Orient possède ses haremsavez-vous rien de plus monotone qu’un harem? en Angleterre, en Russie , en AH emagne, en Hollande, le commerce est exclusivement dévolu à des buveurs de biei u -La France seule a donné pour enseigne à son industrie ce qu’elle avait de pi 11 *gracieux, de plus coquet, de plus avenant. Va maintenant, pâle esquisse d n |ieréalité touchante, et puisses-tu rencontrer de par le monde une demoiselle de comp,loir, une seule, qui fasse ta fortune, et nos lecteurs qui demanderont la demoisell 1de comptoir, auront l’avantage de la tenir de ses propres mains.

I>. Houx.