1/ A DEMOISELLE l)K COMPTOIR.
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•'•nutesse. Or, h co bal, dans le salon d’inlimité de la maîlresse de maison au fau-l'ourjr Saint-Germain, la marchande retrouva ses fleurs cl son aide de camp; nonmains étonnée que M. le duc lui-même, pour lui, c’était tomber de Charybde en^ c ylla. Qu’on juge de sa situation pendant toute la soirée donnée soi-disant à son inten-ll() n! Un lion de la régence s’en fût à peine retiré sain et sauf. En présence de deuxAnimes qui toutes deux étaient censées lui appartenir d’avance, et des (leurs accu-satrices ! Tant que dura la soirée, ce fut de la part des deux amies, dont la secondeavait été mise dans la confidence, un feu roulant d’épigrammes. Sir Jean Falstafflui-même, de shaksperienne mémoire, ne s’était jamais trouvé à pareille fête.Li’uellementpersiflé par deux femmes de cœur et d’esprit, quoique l’une fût comtesse
l’autre marchande, monsieur l’aide de camp eut l’occasion de s’orner la mémoiredu cette vérité que. entre la noblesse et la bourgeoisie, un fashionable n’a désor-mais que les bénéfices et la liberté du choix.
l’osons en principe que la profession de demoiselle de comptoir embrasse depuisk dernier échelon jusqu’aux sommet de la pyramide sociale, depuis la jeune pen-sionnaire qui accepte une place au défaut d’un mari, jusqu’à la femme spéciale qui,élevée dans le doit el Y avoir, en connaît toutes les roueries, depuis la débutante quiarrive de province sous le patronage des P dites-A [fiches, jusqu’à la Didon actuelles ür qui repose le sort de tout un phalanstère industriel. Dans toute rue parfaite-ment civilisée, si vous apercevez une émeute de gants jaunes ou de clercs d'huis-siers, soyez sûr que c’est le roi qui passe, ou une demoiselle de comptoir auprès deHuelle on se hâte de ne point passer.
Est-ce un crime d’exposer tant d’organisations nerveuses aux influences délétèresp l pâlissantes de la vie de comptoir ? Est-ce une vertu d’orner les rez-de-chaussée'I e ces vivants portraits à la manière du Titien , pour animer la physionomie d’unev ’iIle avant peu exclusivement commerçante. La femme de comptoir vivifie, poétiseUne chose qui n’est ni attrayante ni poétique... le commerce. Celui-ci décolore lakinine de comptoir, et inscrit à l’article profits et pertes, la jeunesse, les illusions*‘1 le produit net de son ange gardien. Ingrat commerce!
Aussi, lorsque toute cette foule élégante et occupée, coquette et commerçante•les demoiselles de comptoir, prend son essor le dimanche, une solitude, un dédalemonotone, des catacombes, voilà Paris .
Le soir d’une belle journée de mai, la demoiselle de comptoir se fait fleur dese l>anips, se couronne de véronique, de liserons et de myosotis. On la confond aveck’ s châtelaines qui peuplent les charmantes solitudes de Saint-Cloud, Ville-d’Avray ,Montmorency, Fontenay-aux-Roses . Toute métaphore à part, la nature et la civili-sation se donnent la main ce jour-là. Il est une beauté demi-parée et demi-cham-hètre qui est celle des Parisiennes du dimanche. Pourquoi cet amour si vivacedes ravissants paysages qui avoisinent Paris n’aurait-il pas sa raison arlistique etSes nuances pleines de poésie? Qui donc oserait soutenir que pour être heureux'* faut éviter avant tout de l’être bourgeoisement? O précieuses traditions des dînersnl'anipêires , joies savamment équilibrées des bourgeois et des bourgeoises de Paris ,plaisirs soumis à un calcul intégral, j’abaisse devant vous le désordre de mes es-