LE COMMISSIONNAIRE
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'est un homme a peindre, un des pivots de la vieprivée; un garçon qui vous sert de domestique et devalet de pied, et qui néanmoins s’intéresse a vous,fait vos bottes et votre chambre, éconduit vos créan-ciers, combat Vautorité despotique du portier, s’op-pose aux envahissements des colocataires, défendl’intégrité du carré et maintient d’un étage à l’autrevotre considération.
Par commissionnaire nous n’entendons point telou tel, pris au hasard dans une rue quelconque, muni(, une plaque, d’une casquette de peau de mouton, d’une figure savoyarde ou auver-gnate, ingrate dans la plupart des cas; mais bien celui qui, depuis la dernière invasion'les Cosaques, jouit a Paris du droit de cité et existe, bon an mal an, toujours dans lamême rue, chauffé au même soleil, ou en proie aux mêmes averses et désaltéré chezle même marchand de vin. Cet homme-type doit être en effet l’hôte du quartier dont iles t le commissionnaire. Il s’est établi a la longue entre ses clients et lui des rapports deEmilie; ses antécédents répondent de son avenir. 11 présente pour aller à pied desc °nditions de stabilité suffisantes. Les philosophes regardent en effet le commission-naire plutôt comme un instrument de station que comme un appareil locomoteur ;Par le siècle qui court, quiconque n’a pas le privilège de faire quarante lieues a l’heurees t presque considéré comme immobile. Néanmoins le commissionnaire est un desagents les plus actifs, sinon du progrès, au moins du mouvement. Vainement unes °ciété se flatte-t-elle d’exister avec une poste aux lettres, des télégraphes, des jour-naux, des canaux, des bateaux a vapeur cl des chemins de fer seulement ; ce sontassurément autant de rouages utiles dans une machine sociale, tandis que le com-iii. •>•
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