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•iilire. Jetez maintenant un coup d’œil sur ce dos d’Atlas, examinez ces omoplatesnioulées pour recevoir une malle, et dites s’il est possible de nier une prédestination,bien que comme porteur il excelle dans la commission, ses relations civiles et privéess °nt de plus d’un genre ; c’est une sorte de factotum qu’on peut invoquer dans toutesles occasions : le commissionnaire manque rarement celle d’être utile a l’humanité. IlPossède un homme spécial qui le plie a divers emplois, charge ses épaules de malles°u de bas-reliefs, de tableaux ou d’épreuves de romans dans les quartiers artistiques ;s °n bourgeois est en effet un artiste. Il est voue a cet homme ; il y a entre eux soli-darité de fortune. Le commissionnaire fait en outre, dans ses moments de loisir, les^ourses du négociant, une partie du ménage de la cuisinière, balaie les devantures,re nd aux vitres du pharmacien et du marchand de nouveautés la transparence pri-mitive que les émanations du camphre ou la poussière des châles du Thibet leur ontenlevée. Une partie des offices qui répugnent a l’homme établi, à l’élève en pharmacie,° u au jeune-premier engagé dans les cachemires, est accomplie sans scrupule par lecommissionnaire; il n’y a pas pour lui de choses déshonnêtes dès qu’elles représententu n honnête salaire. Le commissionnaire connaît le fort et le faible de toutes les pro-fessions : très-propre par cela même a remplir la sienne qui n’en est presque pas une,mais qui en résume plusieurs. Veut-on un frotteur zélé et intelligent pour cirer lesbottes et les parquets?, rien de plus apte a cela qu’un commissionnaire. Vos tapis ré-c Uinieni-ils pour être battus l’emploi du tapissier? faites monter un commissionnaire.Voulez-vous un homme empressé sans être importun, qui tienne chez vous la placed’un nombreux domestique et vous serve a table comme un estafier? ayez un com-missionnaire. C’est le valet do ceux qui n’en ont pas. Homme économe et écono-mique, il connaît la recette du cirage Robertson et l’applique aux chaussures de tousfes formats qui lui ont fait une brillante réputation dans le quartier. Le commission-naire est l’être le plus complet de la civilisation : il embrasse l’homme de la tête auxpieds; il possède l’industrie du castor et les talents variés du valet de chambre et dela femme de ménage.
Pour apprécier dignement le commissionnaire, il faut le voir surtout lorsqu’àl’entrée de l’hiver il s’improvise scieur de bois.
Pour peu que la maison où il remplace le peso-stère soit privée d’une cour, fortdes règlements de police, il s’installe sur le trottoir. Marquis ou manant, peu lui’mporte qui défile à droite ou a gauche, il est tout à sa besogne. Paris en révolution nelui ferait pas perdre un trait de scie. Quelle tension dans les muscles ! quelle flexibilitéce l J endant à l'endroit du cubitus ! quelle sueur poétique sur son faciès ! Les bûchesfes plus respectables, celles qu’affectionne le portier , passent par ses mains commed °s roseaux ou des allumettes chimiques. 11 les divise sans géométrie, en plusieursActions parfaitement égales ; c’est l’affaire de quelques brassées. La scie lui sert dechèvre, et cet instrument primitif défie entre ses mains le génie môme de la méca-nique. Après quelques minutes de cet exercice sudorifique, le commissionnaire nec °nçoit pas qu’on ait besoin de bûches pour se chauffer. Le bois lui semble un ob-jet de luxe, qui chauffe par le froltement. Il s’arrête à chaque voie pour se rafraîchird un canon