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L’HOMME 1)1 BEI IM.K.
prend au peuple quelques lignes sur sou épaisseur pour eu former une couche dis-tincte que la partie délaissée, mais qui aura son tour, appelle aristocratie.
Créée par Napoléon, l’aristocratie militaire finit avec lui; une autre aristocratieallait naître.
Le long repos dont la France jouit pendant la Restauration imprima un essor pi’ 0 'digieux aux arts et à l’industrie. Et l’homme du peuple devint manufacturier, artiste,inventeur ; il eut la fortune, il eut le rang. Malgré quelques velléités nobiliaires ineffa-çables dans l’esprit armorié des Bourbons , l’homme du peuple, de commis devenunégociant, d’ouvrier passé chef d’usine, devint encore électeur et député. La révorlu lion de juillet a fait le député ministre ; elle a fait aussi et au même instant un autrepeuple pour cette autre aristocratie, qui ne sera pas la dernière.
L’esprit de celui que nous avons nommé jusqu’ici l’homme du peuple poufnous rallier a l’expression reçue, s’est plus particulièrement appliqué a la culturede l’industrie, dont il a obtenu de merveilleux résultats qu’a l’exercice délicat desbeaux-arts, comme on doit les entendre chez nous après les dix-septième et dix-huitième siècles, où ils s’enveloppèrent d’une forme si line, si choisie et si tra-vaillée. Depuis la renaissance jusqu’à la révolution, l’art ne produisant qu'au proü 1de quelques-uns, il fut élevé, rare, difficile, cher. Les rois seuls et les princes pu*"sédaient des galeries de tableaux, parce que seuls ils avaient des châteaux, deshôtels, des palais. Michel-Ange ne sculptait guère que pour les papes; Raphaël a-t-iljamais peint pour le compte des banquiers de Venise ou de Ferrare ? Comme I egouvernement, comme la société, comme les mœurs, l’art, expression concrète, f ularistocratique. Il a changé avec les mœurs et le gouvernement. Ainsi que l’autorité,il émane aujourd’hui du grand nombre pour atteindre un plus grand nombre. C en’est plus la main isolée d’un peintre qui maintenant suffirait aux travaux d’uneprovince ; chaque ville en possède plusieurs, souvent un grand nombre. Il est vraiqu’une ville n’a pas seulement l’orgueil de vouloir montrer les peintures de sa ca-thédrale ; le moindre habitant un peu notable tient a décorer sa maison : chaquemaison a ses tableaux. Le théâtre lutte de magnificence avec la paroisse, la mairieavec l’évêché ; le limonadier charge de moulures, de glaces et de peintures Ie smurs de son établissement.
Un art bourgeois s’est donc créé pour la bourgeoisie, art charmant, louable ence qu’il vaut de douceurs a la vie civile, et qui a ses manifestations intelligentes dansles lettres ainsi que dans la peinture, en musique comme en architecture. Il ne se pa reni de la pourpre, ni de la fierté de l’art aristocratique ; mais ses allures sont ori-ginales, variées, souples, infinies. S’il s’écarte des lois de la hiérarchie classique, •'rachète cette licence par de la soudaineté et de la verve.
Nous n’osons dire ici l’avenir qui lui est réservé. Nous nous bornons à le qualifier •c’est l’art de la bourgeoisie, et par conséquent l’art qui vient du peuple.
Ainsi l’homme du peuple d’aujourd’hui, et rien ne prévaudra contre nos paroles,n’est pas celui de tous les temps. D’ailleurs ou se méprend sur les vœux de l’hommedu peuple, ou l’on veut se méprendre. En 89, il a conquis l’égalité : la redemanderencore pour lui, c’est qualifier mal ses besoins. Un désir existe, le terme est faux-