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Tome troisieme.
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LE C1IEE D’O HC 11 ES T U E.

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sance de tous les jours. Maintenant entrons avec lui dans l’appartement qu’il occupeau troisième étage d’une maison voisine du boulevard : ses enfants viennent lui sau-ter au cou ou se remettent subitement au travail. Pour lui, il conserve cette graviU'que vous lui connaissez ; sa parole est brève et concise, il vise au laconisme, un petr illa profondeur. Vis-a-vis des siens, ses manifestations de tendresse ont de la raideuret de l’apprêt. Dans ses habitudes domestiques, il aime la précision et l’exactitudeGénéralement sobre, il se plaît, surtout en présence de convives étrangers, à témoigne 1d’une véritable austérité, comme pour protester contre le préjugé d’intempérancedont le musicien est encore frappé. Dans la discussion, quand il s’agit de son art, >•est tranchant et incisif. Un de ses secrets plaisirs est de remettre eu question le htitres de gloire les plus incontestés de nos illustrations musicales. Actuellement lessympathies se partagent entre les écoles française et allemande; mais il n’y a P aSlongtemps qu’il s’est rallié a cette grande et universelle admiration qui a salué b’lever, sur l’horizon de l’art, du génie de Beethowen; on peut même assurer qu’ümêle encore quelques grains de critique a l’encens qu’il brûle en l'honneur de l'in 1 'mortel auteur des symphonies. Je le dis avec regret, l’esprit d’initiative et de pr°'grès, l’instinct et l’amour des nouveautés hardies manque généralement au chefd’orchestre; aussi condamne-l-il sans rémission tous les pas aventureux de nos jeunesharmonistes, en dehors des voies les plus largement, les plus facilement tracées.L’imprévu le trouble et le déconcerte, l’inconnu le jette dans de véritables perplexi-tés ; et, faut-il l’avouer, c’est à la crainte de déranger des habitudes prises, de mo-dilier des convictions arrêtées depuis longtemps, et peut-être de faire des étudesnouvelles, biénplus qu’a la prudence et aux sages lenteurs d’une mûre délibération,qu’il faut attribuer l’indécision du chef d’orchestre a ratifier des succès que le publiea depuis longtemps proclamés. Dans ses excursions en dehors du domaine musical,notre homme, par une singulière contradiction, est d’une fougue, d’un entraînementincroyable. En politique, il appartient a l’opposition avancée, et chaque matin ilravive ses patriotiques colères dans une lecture passionnée des organes les plus véhé-ments de la presse quotidienne. Malheureusement, ses rancunes politiques fran-chissent souvent avec lui le seuil de son orchestre, où elles suscitent des polémiquesdangereuses pour la discipline et son autorité. En littérature, il aime les excen-triques formes qu’un moderne chef d’école a introduites dans nos vieilles poétique*lyriques et d7-amatiques, et il a lu certaine préface célèbre sur les nouvelles condi-tions du vrai et du beau. Enfin, il nourrit, quoique ou peut-être parce que marie,de secrètes prédilections pour les livres antimatrimoniaux d’un pseudonyme célèbre,et il a, dans d’autres temps, plaisanté fort ingénieusement, mais sans aucune aigreur,sur le radicalisme social de l’évangile saint-simonien. En dernier examen, le chefd’orchestre, a part quelques bizarreries, quelques inégalités d’humeur qu’expli-queront suffisamment les détails qui vont suivre, est un homme aux mœurs douceset retenues, aux relations faciles et quelquefois utiles. Constant dans ses amitiés, il adu zèle et du dévouement, lise pique surtout d’une grande fidélité a sa parole. Toutau plus lui reprocherons-nous une ombrageuse susceptibilité qui paralyse souventses meilleures intentions et nuit au développement de ses qualités les plus sociales-