Band 
Tome troisieme.
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Uiche d'onguents de mille sortes el de potions merveilleuses,Je suis le pharmacopole aux innombrables bulles. Il n'esl riende ce qui a puissance d'arrêter la vie prêle à s'échapper ou dechasser «lu corps les maladies qu'on ne soit sûr de trouver dansma boutique. Ma maiu sait mêler tous les sucs bienfaisants, et encomposer habilement les remèdes les meilleurs. Malades et bienportants, courent vers mes fourneaux, et le riche aussi bien quele pauvre a besoin de mon art.

IIaktman ScnoPi’KK, le Livre des Métiers.

[L e pharmacien est un enfant de ia révolution. Elle a ,dans ses transformations régénératrices, substitué auprocureur l’avoué, au traitant le banquier, au per-ruquier le coiffeur, au roi de France le roi des Fran-çais , à l’apothicaire le pharmacien.

Beaucoup de fonctions sociales ont changé de nom,sans être intrinsèquement altérées. Le préfet rappellel’intendant; le commis des contributions n’est pasmoins inquisiteur que le préposé aux gabelles; lesvolumineux dossiers de l’avoué ont beaucoup d'ana-logie avec les sacs du procureur. Mais entre l’apothicaire et le pharmacien il y a unabîme, un bouleversement social et médical. Le second est fds du premier: maisc’est un enfant ingrat qui dédaigne et renie son père, un novateur perverti parBroussais el la médecine physiologique. Le pharmacien n’a plus d’extérieur profes-sionnel, plus d’allures originales, et, de l’ancien costume il n’a conservé que la cra-vate blanche, qui contraste avec les noires couleurs du reste de son équipement. Lacravate blanche semble encore aujourd’hui un ornement indispensable, un sine qunni.