LE PHARMACIEN.
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pharmacie, il arrive aux élèves de prendre un purgatif pour un fébrifuge, un vomitifpour un anti-spasmodique, et vice versa. Jugez de l’effet !
lïonnisson vit prospérer son établissement ; il se fit bien venir des médecins duquartier, et les docteurs et le pharmacopolc s’adressèrent réciproquement des clients.Cette assurance muluelle n’a rien d’illégitime, et parfois l’homme de l’art prélève uneprime légère sur le prix des remèdes livrés aux malades qu’il envoie. Avec l’aided’un officier de santé, Ronnisson annexa a sa pharmacie un cabinet de consultationsgratuites, desliné surtout à l’usage des gens trop cruellement punis d’avoir négligéce précepte d’un auteur latin du seizième siècle :
Quid faciès, faciès Veneris cuni veueris aille?Ne sedeas, sed cas, ne perças per cas.
Croyez-vous que le prudent pharmacien songeât â guérir brusquement ces infor-tunés? Rien n’eût été plus nuisible à leur santé... et à sa bourse : « Voyez-vous, ré-pétait-il a chacun d’eux, il y a des empiriques qui prétendent enlever une maladiecomme avec la muin, mais ils laissent en vous un germe de désorganisation, qui,comprimé par d’insuffisants palliatifs, réagit avec fureur, et cause intérieurement lespins affreux ravages. Vous croyez vous bien porter, pas du tout, vous èles à moitiémort sans vous en douter. Agissons donc avec lenteur et sans secousses; tempori-sons, je vous le conseille. Vous sentez que je ne tiens pas à vous vendre quelquespilules de plus ou de moins, mais, ce que j’en dis, c’est pour votre bien. »
Celle paraphrase du proverbe italien : clii va piano va sano, clii va presto muorelesto', produisait une impression profonde, et comme les médicaments n’étaient pasaussi gratuits que les consultations, Ronnisson réalisait d’amples bénéfices.
En général, les bénéfices du pharmacien sontconsidérables, et sembleraient parfai-tement nsuraires, si on le considérait comme simple marchand, sans songer aux lon-gues éludes dont son lucre doit l’indemniser. Les looclis qu’il fait payer I franc etplus, lui coûtent â peine 10 centimes. Une bouteille de sirop antiscorbutiquequ’il achète 2 francs 75 centimes, rue des Lombards, lui rapporte au détail 12 francsS0 centimes. 11 vend 10 centimes chaque grain d’émétique, ce qui met la livre à 915francs 15 centimes; or, elle lui coûte 2 francs!...
Ronnisson avait calculé cela, et comptait parvenir rapidement à la fortune ; maisla concurrence l’accablait : concurrence de ses confrères, concurrence des herboristeset des droguistes, concurrence môme des épiciers. Il eut toutefois de bonnes années,c’est-'a-dire des années détestables pour la généralité des hommes. S’il désirait leretour du printemps, ce n’était point par un bucolique amour de la verdure, maisparce qu’il espérait que les variations de l’almosphère amèneraient une foule d’in-
1 qui \a doucement va sagement, qui \a lomleinonl meurt lestement
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lit.