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Tome troisieme.
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L 11 A fil TIFF DI LlXEMliO LUC

Mais la légère voyageuse, qui s’en aperçoit, ne tarde pas a prendre sa revanche.Fierté de femme blessée est si ingénieuse. J’ai vu un jour une Parisienne (vous sa-vez qu’on n’est pas de Paris , quand on fréquente le Luxembourg) s’avancer versune observatrice au sourire malin , s’approcher d’elle , et lui dire d’un ton sérieux .eu tournant autour de l’unique bassin dulieu, qu’elle appelait une mare...

« Pardon , madame, voudriez-vous avoir la bonté de m’indiquer le jardin duLuxembourg ?

— Mais, madame, vous y êtes.

— Tiens! voilà en effet d’assez jolis arbres pour des arbres de province. »

Ce qui ajoute aux blessures que l’habituée du Luxembourg reçoit dans sa vanité, etparlant à son irritation, c’est le mépris qu’on fait de son jardin favori. Tout être serévolte à l’outrage, et le petit ver de lerre se roule, s’étend, s’irrite, se redressecontre le talon qui l’écrase.

Lorsqu’aux Tuileries on parle de ducs, de comtes, de barons, de marquis, on dittout simplement le duc, le comte, le baron, le marquis ; ici l’habituée se croirait cou-pable de ne pas faire précéder la qualité par le mot monsieur.

Le titre ou même l’allure de tout étudiant eu droit ou en médecine est un motifde proscription pour l’habituée dont je détaille ici les traits, car ces messieursexhalent une odeur de café ou d’estaminet qui blesse l’odorat; et ils font tré-bucher les enfants pour accourir plus vite, et regarder eu face les jeunes per-sonnes. Ce que veut l’habituée du jardin d’outre-Seine , c’est le respect de tous lesâges.

Cette digne personne fait d’habitude porter son enfant à bourrelet par une cui-sinière grosse, grasse, réjouie, rubiconde, et voiture elle-même son caniche dansun cabas. L’un et l’autre sont bien soignés, bien peignés, bien proprets ; mais il estaisé de s’apercevoir que les plus intimes confidences et la meilleure part des gâteauxsont pour le quadrupède.

Là-bas, dans l’autre monde, aux Tuileries , l’enfant est conduit à la main par unebonne bien coiffée, bien serrée, bien chaussée, mais étourdie et distraite, n’arrê-tant jamais le poupon qu’après sa chute, et le grondant de s’être déchiré la maincontre le sable. Quant aux caniches, ils sont en plus petite quantité qu’au Luxem-bourg , et la dame ne mène le sien qu’au bout d’un ruban ou d’un cordon d’unegrande élégance. Vous verrez, il y a tout le diamètre de la terre entre ces deuxbelles promenades de la plus folle cité du globe.

11 n’est pas permis à l’habituée du Luxembourg d’adopter une mode à sa nais-sance ; elle ne doit s’en parer qu’alors qu’elle est usée autre part. Le seul ridiculequi soit toléré près du boulevard Mont-Parnasse, c’est celui de la vétusté.

il est vrai de dire aussi que le palais des pairs est là, que les quasi-fossiles semeuvent à la surface, et que le jardin repose sur les Catacombes. L’n pas déplus,c’est de la cendre, de l’immobilité; un pas de moins, ce sont les vanités et les pas-sions.

Mais ne quittons pas encore notre digne habituée du Luxembourg : sou éventaildoit être grand, à paillettes el à peinture gouaehéc; elle doit avoir force rubans au