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Tome troisieme.
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LES CHIFFONNIERS.

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^oici des types monstrueux, d’ignobles ligures, d’abomi-nables mœurs : la forme, le fond, le dessus, le dessous,tout est pourri chez les chiffonniers. Pour faire un mur,il faut du sable, de la chaux, des pierres et un maçon ; onfait un chiffonnier avec une botte, un crochet, une lan-terne et le premier gueux venu. Le gueux est appelé unhomme, la lanterne un fallol, le crochet une canne à bec,la hotte un hotieriut. Avant de se voir légalement con-■>n stituées en individu, c’est-'a-dire en chiffonnier, il fautencore que ces matières premières trouvent deux parrains,deux témoins qui répondent de leur moralité; il faut en outre qu’elles possèdent40 sous. Ces conditions remplies, la transfiguration est opérée ou à peu près. Lesdeux témoins accompagnent l’homme et la hotte chez le commissaire de police ; ilsattestent devant ce magistrat que l’homme est honnête et que la hotte n’a pas étévolée. M. le commissaire en réfère a son préfet, et, environ huit jours après ces for-malités préliminaires, moyennant les 40 sous dont nous avons parlé, il est délivréh l’homme et a la hotte une médaille numérotée, après quoi tout est dit. Il y a un chif-fonnier de plus et un vagabond de moins sur les fumiers de Paris . Le vagabondage,comme on voit, est très-facile a éluder.

Les chiffonniers sont divisés en deux races, celle des Auverpins et celle des Pa-risiens. Les Auverpins viennent de l’Auvergne; les Parisiens viennent de tous les pays.Quelques-uns parmi ces derniers ont fauché le grand pré à Toulon et à Rochcfort, elIl n’est pas rare de les voir retourner dans ces climats, les pieds bien ferrés, el

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