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Tome troisieme.
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LK COMMISSAIRE DE POLICE.

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quatre ? dites un mot a votre commissaire de police, il possède une méthode infail-lible de lui inculquer Barême.

— a Eh ! madame, qu’avez-vous? — Monsieur, je suis horriblement contrariée ; ilpleut a verse ; mon mari m'attend a six heures au café anglais . — Votre mari, ma-dame •? — Oui, monsieur; et ce maudit fiacre, qui est le seul sur la place, refuse demarcher. Mon Dieu, mon Dieu ! ! I — Patience, madame. Eh ! cocher, un mot. Vousallez conduire madame au boulevard de Gand , et dépêchons. — Cent sous, ou jebouge pas. — Alors je prends votre numéro, et je vais de ce pas chez le commissairede police. — Plaît-il, not’ bourgeois? — Je vous dis que je vais de ce pas chez lecommissaire. — En instant, donc; il y a manière de s’entendre. Qu’elle monte, c’tedame ; elle ne s’explique pas, j’ peux pas deviner ce qu’el’veut, moi. — Montez, ma-dame. — Mille remercîments, monsieur. »

Et la petite dame va rejoindre son mari au café anglais . O grande puissance ducommissaire de police sur le bonheur de la vie conjugale ! .

— On m’a changé mon manteau. — On m’a pris ma canne. — On m’a appelé po-lichinelle. — On m’a jeté quelque chose par la fenêtre. — On a prétendu que je res-semblais a Odry ! — Oh ! Pan ! pan ! Ce chien de portier ne veut pas m’ouvrir. — Monmari s’est pendu ! — Ma femme s’est noyée. — Comment? je ne pourrai empêcher mesvoisins de pousser leurs ordures devant ma porte! —Camarades, attention ! Gare lecommissaire.—Je voudrais bien avoir un passe-port. — Et moi, un permis de séjour.—Et moi, un livret d’ouvrier.—Et moi, une boutique a la foire,—et moi, et moi, etc., etc.

Ah ! de grâce, messieurs et mesdames, c’est assez. Cessez de nous redire la com-plainte de vos malheurs, de nous étourdir du bruit de vos lamentations, el allezbonnement trouver votre commissaire de police. Car, messieurs et mesdames, quoi-que vous puissiez être, vieux ou jeunes, propriétaires ou prolétaires, gens honnêtes,presque honnêtes, peu honnêtes, ou voleurs, vous le voyez : il a été écrit la hautqu’ici-bas et dans ce bénoit dix-neuvième siècle, il vous faudrait sans cesse avoirrecours 'a cet agent suprême, auquel Dieu et le roi ont confié une si grande part devos destinées publiques et domestiques.

Donc, et pour faire plus intime connaissance avec lui, vous m’accompagnerez, s’ilvous plaît, la-bas, jusqu’à cette lanterne où, le soir, vous lirez, a la lumière du trans-parent, ces mots en lettres majuscules : Commissariat de police.

Toutefois, avant de vous introduire dans le sanctuaire, je veux dire le bureau ducommissaire, accordez-moi la petite satisfaction de vous expliquer succinctementl’histoire et les attributions légales de celte fonction. Vous le voulez bien? Je com-mence donc sous forme d’

AV ERTISSEM EST P R É L I SI IN- A I R E.

Les commissaires de police existent de toute antiquité. De tout temps il y a eu desmagistrats commis à la police des villes, mais qui peut-être ne s’appelaient pas com-missaires de police. Je suis persuadé qu’avec un peu de bonne volonté on leur dé-couvrirait des prédécesseurs jusqu’au sein des monarchies syriaques, égyptiennes et