I/ARMEE. 15
Les commis entretenus, nommés par le ministre de la guerre, sont au nombre de«leux cent quatre-vingts :
Trente de première classe ;
Cent et un de deuxième classe ;
Cent quarante de troisième '.
Ils sont employés dans les bureaux à des travaux de rédaction, d’écritures, d’exa-men , de vérification ; ils classent, tiennent et gardent les archives. Rarement vêtusde l’uniforme qu’ils ont droit de porter, ils font cependant partie de l’armée. Laplupart ont été choisis parmi les sous-ofliciers âgés de moins de trente-cinq ans,et ayant deux ans de grade. Ils peuvent être appelés a suivre l’armée, mais ils nereçoivent ni indemnité de logement, ni gratification d’entrée en campagne.
Le service des bureaux de l’intendance comprend, en outre, des commis auxi-liaires pris parmi les soldats, ou les jeunes gens âgés de moins de trente ans, et quiont satisfait à la loi sur le recrutement. Quand ces employés appartiennent à unrégiment, ils continuent à porter l’uniforme de leur corps.
Les intendants militaires sont appelés à exprimer leur opinion personnelle sur lescandidats qui désirent entrer dans l’intendance ou aspirent aux emplois de tréso-rier, capitaine d’habillement et major. Ils proposent pour l’avancement, la décora-tion ou la retraite, les sous-intendants, adjoints, commis entretenus, dont ils ontapprécié le zèle et la capacité durant le cours de leur inspection.
Le rôle de l’intendance semble au premier abord assez pacifique, et certains vieuxmilitaires murmurent de ce que les grades d’intendant, sous-intendant et adjointsoient assimilés à ceux de maréchal de camp, colonel, lieutenant-colonel, chef d’es-cadron et capitaine. On reproche a ces fonctionnaires semi-civils de se montrer tropavides d’honneurs militaires; mais, quelle que soit l’exagération de leurs préten-tions, ne contribuent-ils pas autant que les soldats à la défense du pays? ne serecrutent-ils pas dans les rangs de l’armée active 2 ? n’accompagnent-ils pas lestroupes en campagne? n’ont-ils pas besoin d’autant de présence d’esprit que de'murage, de force d’âme que de vigueur corporelle, pour résister aux fatigues, auxmarches, â l’insomnie? ne leur faut-il pas suivre l’état-major, prévoir les besoins,'assembler, ménager, improviser des ressources, présider aux distributions, con-duire des convois a travers les lignes ennemies, parcourir le champ de bataille pourfoire relever les blessés, s’exposer à la mort pour secourir les mourants? Leurs•langers ne sont-ils pas en raison directe du puissant intérêt qu’ont les ennemis aaffamer nos troupes? n’ont-ils pas à redouter les attaques imprévues, les embus-cades sournoises, les engagements partiels , pins terribles souvent que les batailles'angées? Pourquoi donc ne participeraient-ils pas â la gloire, puisqu’ils participent
' Ordonnances des 25 septembre 1810 et 28 février tS55.
‘ Les adjoints de deuxième classe sont choisis parmi les capitaines, et les sous-intendants de deuxièmeasse parmi les lieutenants-colonels. L'ordonnance du 11 décembre 1850 a créé un cadre de remplacementcomposé de trois candidats pour le grade de sous-intendant, et de quatre pour celui d'adjoint. Us portent0 '"‘ e de leur emploi, en attendant qu'ils en remplissent les fonctions.