J<; L'ARMÉE.
aux périls? Soldats administrateurs, non moins préoccupés parfois du soin de leurdéfense personnelle que des besoins de l’armée, ils sont loin de mériter le dédain deleurs compagnons d’armes et l’injuste indifférence que leur témoigne un publicincomplètement initié a la connaissance de leurs pénibles et honorables fonctions.
ÉTAT-MAJOR DES PLACES, COMMANDANTS DE PLACES, MAJORS,ADJUDANTS, SECRÉT A I RES-A RC H l VIST ES.
Si, dûment muni d’une autorisation du ministre, vous montez dans les comblesde l’hôtel des Invalides , vous y trouverez les plans en relief de la plupart de nosplaces fortes. La sont les villes de Flandre et d’Alsace , dont les arides glacis con-trastent avec la verdure riante des environs, dont les murs s’élèvent au milieu decampagnes fleuries. Là se dressent les forteresses des Pyrénées et de la Franche-Comté , protégées par l’art et la nature, hérissées de redoutes et de rochers. L’as-pect de ces miniatures étonne, et peu à peu, en suivant de l’œil les longues lignesdes esplanades, les angles des bastions, les contours des demi-lunes, les escarpe-ments des fossés, vous croyez voir les images grandir jusqu’à ce qu’elles atteignentles proportions des modèles. Vous vous représentez ces formidables remparts battusen brèche par le canon ennemi, grêlés par les bombes, garnis de défenseurs nonmoins inébranlables qu’eux. S’il fallait repousser une agression injuste, nous pour-rions, soyez-en sûrs, aller chercher l’étranger sur son territoire, voir s’il y a en-core un grand chemin qui mène à Austerlitz, car nous laisserions derrière nous debonnes gardiennes de pierre, et des hommes de fer pour les défendre ou mourir.
Il en est des places fortes comme de ces armures impénétrables qui n’avaientpourtant de valeur qu’autant qu’un preux chevalier les endossait. Aussi les officiersattachés au service des places sont-ils presque tous d’anciens militaires, criblés decicatrices, éprouvés par de longs travaux, auxquels on accorde ce poste de conliance,moins pour les récompenser que pour utiliser leur expérience. On en compte deuxcent soixante-sept, savoir :
Cent sept commandants ;
Onze majors;
Douze adjudants :
Trente-sept secrétaires-archivistes.
Quoique confié à des hommes que l’âge rend impropres au service actif, l’em-ploi de commandant de place est loin d’être une sinécure. Chef responsable, chargédu maintien de l’ordre et de la conservation des fortifications, c’est lui qui répartitles troupes de la garnison dans les différents postes, qui concourt avec le sous-in-tendant à l’établissement des troupes dans les casernes, qui inspecte tous les ter-rains et bâtiments militaires, forts, redoutes, arsenaux, magasins, prisons, porles,