L’ARMEE.
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soûls délassements étaient de s’encaquer dans les cantines, dont la chaude atmo-sphère contrastait dangereusement avec le froid extérieur. Ceux qui ont résisté aces fatigues valent des soldats éprouvés par plusieurs campagnes.
Les chasseurs h pied marchent sur quatre rangs, par le flanc droit ou gauche. Ussont habitués successivement au pas gymnastique sur place, au pas modéré, au pasaccéléré, au pas de course, au saut en largeur. Leur vitesse, au pas gymnastique, estd’un quart de lieue (974 mètres) en cinq minutes, ou de trois lieues ( I kilomètre694 mètres) a l’heure. Ils rivalisent, par leur adresse au tir, avec les chasseurs tyro-liens et les riflemen anglais . Un lieutenant par bataillon, un sergent supplémentairepar compagnie, sont spécialement chargés de leur enseigner le tir. lis font feu danstoutes positions, couchés à plat-ventre, ou penchés sur le talus d’un fossé. Après lecommandement : En joue! ils visent et tirent a volonté, sans attendre celui de :Feu! et leur décharge, pour n’être pas simultanée, n’en est que plus sûre et plusredoutable. Ils manœuvrent comme une arme blanche la carabine surmontée de sabaïonnette, lançant, des coups, faisant volte-face h droite et h gauche, double passeeu avant et en arrière. Quand ils se déploient en tirailleurs, ils s’avancent pargroupes de quatre, et se disposent au besoin en carré ; s’ils forment le carré sur lescentres, le premier rang fait l’escrime avec les carabines, pendant que le secondfoudroie l’ennemi.
On apprend aux chasseurs à pied a construire en terre des fours, des cuisines etdes redoutes. Chaque compagnie fournit deux sapeurs, dont les insignes sont unepelle et une pioche en sautoir sur la manche. La compagnie de carabiniers de chaquebataillon est exercée à la manœuvre du canon, et armée de fusils de remparts, dontla portée est de six cents mètres. U y a, par compagnie, quatorze soldats de pre-mière classe, distingués par un galon jaune.
Après avoir mentionné en peu de mots les armes d’ancienne date, on conçoitpourquoi nous parlons plus longuement de cette arme nouvelle. N’est-elle pas leprélude d’une réforme prochaine'? les uniformes, les manœuvres, la tactique, lastratégie d’aujourd’hui, ne peuvent-ils pas être bientôt aussi loin de nous que leshauberts et les cottes démaillé? Les faits auxquels assiste une génération se par-tagent toujours en deux séries rattachées, l’une à ce qui fut, l’autre à ce qui sera.Ainsi, dans l’ordre militaire, la constitution actuelle de l’infanterie est un résidu dupassé, celle des chasseurs à pied une préparation de l’avenir.
Avant de pénétrer dans la vie intime du soldat, occupons-nous de ceux qui lescommandent ; voici, d’après l’ordonnance du 27 février \ 825, l’effectif du grandet du petit état-major d’un régiment d’infanterie.