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Tome cinquieme.
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Sur les traces du fourrier marche le caporal élève-fourrier 1 , colporteur quotidiendes ordres a messieurs les officiers, inexact aux appels, invisible aux exercices, ettoujours cuirassé contre le châtiment par la nature de ses fonctions. On le voitpartir; qui sait quand il reviendra? Il arpente la rue, le shako sur l’oreille, lataille serrée, souriant aux grisettes qui reconnaissent en lui leur élégant danseur,et imite ces petits clercs qui, dans leurs pérégrinations judiciaires, prennent lesChamps-Elysées pour se rendre au Palais. Le livre d’ordres est son excuse, la flâ-nerie son but.

Les sergents, commandant deux escouades ou une subdivision, surveillent l’en-tretien des effets et la propreté des chambrées. Beaucoup sont de vieux grognardsinflexibles, contempteurs du pékin, ne voyant d’état possible que l’état militaire,qui leur a été cependant peu profitable. Quelques-uns aspirent à se donner lechique des soldats de Charlet, étudient les caricatures, en copient les poses, et enintercalent les légendes dans leurs discours, comme des épices dans un ragoût.

Moins lettrés que les fourriers, les sergents sont parfois embarrassés, quand ils ontété de garde à un poste, pour rédiger le rapport. Ils sont ravis que l’absence de cir-constances extraordinaires leur permette de se borner à ces trois mots : « Riende nouveau. » L’un d’eux avait pris une telle habitude de cette formule, qu’ilécrivit un jour : « Rien de nouveau : le tonnerre est tombé sur le poste, et a tuéI rois hommes. »

Comme les intendants de grands seigneurs, les sous-officiers sont plus fiers, plussévères avec les soldats que les chefs. Le caporal, qui n’est qu’un premier soldat, etvient de sortir des rangs pour commander une escouade de douze hommes, s’enflecomme la grenouille ambitieuse. Il affecte un air capable, donne sentencieusementaux recrues de longues explications sur le maniement des armes, et fait la police desa chambrée avec la gravité d’un régent de collège.

Deux soldats conversaient, étendus sur leurs lits : « C’est vrai, dit l’un d’eux,que les capitaines sont moins durs que les chefs subalternes.

— Qu’appelez-vous chefs subalternes? s’écria avec indignation un caporal; vousirez à la salle de police pour deux jours! » Cette histoire est caractéristique.

Cependant quelques caporaux exercent fraternellement leur tâche de surveil-lance et d’instruction, et s’exposeraient a des punitions pour en épargner auxsoldats.

Les caporaux devraient être désignés alternativement pour le service de l’ordi-naire ; mais comme on a reconnu qu’un homme s’acquittait mieux d’un emploi,quand il le remplissait continuellement, le môme caporal est, pendant plusieursmois de suite, pourvoyeur du pain blanc, de la viande et des légumes. Agréableprivilège ! Qu’il est aisé de faire danser l’anse du panier, soit qu’on reçoive desfournisseurs le sou pour livre, soit que l’on conspire avec un boucher pour comptervingt kilogrammes de viande et n’en prendre que dix-huit! Et puis, malgré le

insignes. Galon de laine. galon d'or on d'argent vers le haut de la manche.