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L'estime qu inspirent les élèves de l’école polytechnique est justiliée par leurloyauté, par leur mérite, par le génie spécial qu’ils doivent déployer dans leursdudes. H faut des esprits d’une trempe peu commune pour pénétrer les mystères'le la géométrie descriptive, de l’analyse, de la géodésie ou du calcul des proba-bilités. Le simple laupin, le candidat qui se présente a la colle (a l’examen ) d’ad-"•ission, possède déjà des connaissances supérieures b celles du commun des mar-l Y r s. Combien donc est aveugle l’ambition des parents qui, sans mesurer les facultés•i e leurs fils, les destinent imprudemment à l’école polytechnique ! Des mallteu-''evix qui auraient fait de charmants clercs d’avoué ou de parfaits employés descontributions, victimes des illusions paternelles, pâlissent sur les logarilhmes, suenta résoudre des équations indéterminées, composent et décomposent des forces, cher-ohent le centre de gravité du triangle et de la pyramide, pour arriver à être re-Poussés avec perte par les examinateurs d’admission. 11 s’ensuit que la société
s encombre d’algébristes avortés, de demi-savants qui ne sont propres b rien, et'loi tombent du haut de leurs espérances dans la triste réalité d’une place de répé-teur ou d’un grade de caporal.
Lorsque le laupin a été admis, il devient conscrit, et, comme tel, tangent à l’ab-Xo, 'ption. Cette cérémonie, qui s’accomplit annuellement d’octobre a janvier, pert-dant les récréations, a été imaginée par les anciens élèves pour dépayser les nou-'eaux, les initier aux habitudes de l’école, les accoutumer au tutoiement, et substi-lue r une cordiale fraternité aux distances établies par le degré d’instruction.
bans Vabsorption, point de voies de fait, point de brutalités, point de ces brimades‘lui ont longtemps déshonoré Saint-Cyr. L’usage de faire courir la poste au con-en le poursuivant b coups de mouchoirs, est aboli depuis plusieurs années.Les épreuves qu’on lui fait subir sont exclusivement morales, et dans le cas où son’dtitude ne semble point satisfaisante, on se borne a le menacer de lui faire démon-l,er ) la tête en bas, le carré de l’hypoténuse.
Les sergents des conscrits sont d’abord appelés, et écrivent sous la dictée d’un
ont
len des commandements traditionnels :
Ton ancien tu tutoieras, Si par hasard étant en omnibus,
Et ton co-cons pareillement *. De loin tu voyais, peclibus,
Ton ancien, tu t’appellerais,
' l'ancien le punch tu payeras, lit -ta place lui offrirais.
Et la prune pareillement *.
Chaque conscrit, placé b lourde rôle au milieu d’un cercle, doit répondre b di-p|. rSeS '"terrogations d’un genre tout b fait autochthone. Ces jeunes savants font des1 ^ isantepigg avec le binôme de Newton, des calembours avec les exponentielles,gué^ eUX ^ <! lnols avec b' rapport du diamètre b la circonférence. Hommes distin-ils {* ai sc ' ence d P ar I e cœur, mais encore collégiens par l’âge et les allures,'"aient bizarrement les équations de l’algèbre b de puérils divertissements. Ainsi
î co-conscrit.
l 'draîobisseinent alcoolique se prend chez la mère ï.eblaiu', petite boutique située en face de l'école.