LES ECOLES M I LIT AI II E S.
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l’ancien, charge de l’absorption, commence par prouver algébriquement qu’il n'ajamais été conscrit. « Admettons un moment, dit-il (nous raisonnonspar l’absurde),que l’ancien ait pu être conscrit. L’ancien est évidemment une tête à X ; on pourraitdonc poser l’égalité 9X = ex-conscrit ; en divisant par X, il reste 8 = e-conscrit ;si nous divisons ensuite par e, nous aurons ? = conscrit; or, il est absurde quele conscrit soit une tête assurée. »
Tous les problèmes que l’on pose au conscrit sont dans ce goût. « Commentpeuple-t-on un pigeonnier avec un jonc? — On décrit une circonférence avec eejonc pour rayon, et l’on a2x joncs. » — « Quel rapport y a-t-il entre la royale etles blanchisseuses? — Les élèves de la royale passent les colles (les examens), etles blanchisseuses les repassent (les cols). » — « Le nombre des bordages, des clous,des voiles d’un vaisseau étant donné, dis-moi l’âge du capitaine?»
L’absorption a été terminée, en 4841, par l’inspection générale des conscrits enhabit bourgeois, le sac de nuit sur le dos, le bonnet de coton sur la tête, et de*queues de billard à la main. On a voulu parodier ainsi l’inspection que passe legénéral ; et pour rendre l’imitation plus exacte, un élève, du haut du perron, a piqu ean laïus analogue à la circonstance. Piquer un laïus est une expression du cru. Dansle dialecte de l’école, toutdiscours est un laïus, depuis la créalion du cours décom-position française en -1804. L’époux de Jocaste , sujet du premier morceau ora-toire traité par les élèves, a donné son nom au genre. Les députés à la chambre-les avocats au barreau, les journalistes dans les premiers-Paris , piquent des laïusïet que fais-je moi-même en ce moment?.le vous pique un laïus sur l’école pol?"technique.
Le conscrit est souvent absorbé avant d avoir endossé l’uniforme, et senti battresur sa cuisse gauche l’arme que les élèves nomment tangente au point q. Quel gl°"l ieux jour pour lui, pour sa famille surtout, que celui où il se montre pour 1»première fois l’épée au côté, le chapeau â cornes sur l’oreille, la taille serrée dansson elbeufde grande tenue! Comme il est fier, et avec raison, d’appartenir à la noble
école! La capote, dite berry, qu’il porte a l’intérieur, diffère essentiellement de
l’habit sous lequel il s’offre a l'admiration de ses concitoyens. Toujours plus 0,1moins culottée, graphiquée d’encre, veuve d’un certain nombre de boutons, elleporte de nombreuses taches de ripalonnage. llipalonner, en langage de l’école, c es 1raccommoder, réparer, tâche dont s’acquittait avec succès un tailleur nommé B'paton, longtemps logé aux frais de l’Etat, dans les combles du casernement. Dnripalonne un éditice en le recrépissant ; on ripalonne un livre en en publiant uneédition revue et corrigée; le présent article, ô lecteur, a été plus d’une fois rip a "tonné, et celte opération était urgente, car il fallait vous introduire dans un mondenouveau, emprunter des termes à un vocabulaire local, et vous présenter des t a "Idéaux qui, nous le croyons, n’ont jamais été tracés.
L’école est réveillée au son du tambour. Une demi-heure après, la porte de l’ eS 'calier du casernement, la ratière, est fermée, et les rats sont punis de leur lente» 11par une consigne. Cette expression de rat s’applique a tout retardataire : quiconq 06-après les examens de sortie, est exclu par son rang des ponts et chaussées, est >